"Les Papesses" à Avignon, cinq femmes sculpteurs occupent le Palais des Papes

Par @Culturebox
Mis à jour le 06/12/2016 à 06H30, publié le 03/07/2013 à 17H04
Spider, Louise Bourgeois, 1995

Spider, Louise Bourgeois, 1995

© Louise Bourgeois Trust / Licensed by ADAGP/ photographie François Halard

La collection Lambert et Avignon Tourisme se sont associés pour proposer jusqu'en novembre une grande exposition intitulée "LES PAPESSES". Camille Claudel, Louise Bourgeois, Kiki Smith, Jana Strebak et Berlinde de Bruyckere, cinq génies de la sculpture honorées par le titre de "papesses" de l'art moderne et contemporain.

L'exposition tient son titre du personnage "Jeanne la Papesse", qui, d'après la légende, fût élue pape et régna au IXème siècle. Un pontificat qui pris fin lorsque l'on découvrit qu'elle était une femme après qu'elle eu mis au monde un enfant lors d'une procession publique. C'est donc sous l'égide de cette figure médiévale qu'ont été choisies les cinq femmes artistes représentéees.

Reportage : C. Sala, P. Rousselle, F. Defrance
Camille Caudel est sans doute la femme sculpteur la plus connue au monde, même si cette renommée n'a été acquise que tardivement. Elève et maîtresse de Rodin, elle a passé les trente dernières années de sa vie murée dans le silence le plus total à l'hôpital psychiatrique de Montfavet à Avignon. Sa passion amoureuse avec Rodin et cet enfermement lui ont donné une aura à la dimension de son génie. 
Le Psaume, Camille Claudel, 1889

Le Psaume, Camille Claudel, 1889

© THOMAS PATRICE / HEMIS.FR
La sculptrice et plasticienne Louise Bourgeois a, elle aussi, eu une reconnaissance tardive. Française naturalisée américaine,  elle construit l'essentiel de sa carrière artistique à New York où elle obtient sa première exposition monographique au MoMa à l'âge de soixante-dix ans. Son oeuvre a particulièrement influencé les générations d'artistes lui succédant, notamment féminines.
The Welcoming Hands, Louise Bourgeois, 1996

The Welcoming Hands, Louise Bourgeois, 1996

© Louise Bourgeois Trust / Licensed by ADAGP/ photographie François Halard
Kiki Smith entre dans la seconde vague des artistes femmes. Fille de Tony Smith, le père spirituel de l’art Minimal américain, son travail est orienté sur la représentation du corps humain, et principalement des corps féminins. Elle réalise plusieurs œuvres qui feront d’elle une artiste « Trash » injustement qualifiée de « Ultra-féministe ». 
Pyre Woman Kneeling, Kiki Smith,2002

Pyre Woman Kneeling, Kiki Smith,2002

© François Halard
L’artiste tchécoslovaque Jana Sterbak a fuit le Printemps de Prague pour s’installer au Canada. Elle développe à partir des années 1980 un travail sur les problématiques autour de la condition humaine et ses limites, utilisant des matériaux non conventionnels (glace, pain, cheveux, viande…). A titre anecdotique, elle est à l’initiative de « la robe de viande » qu’elle intitula « Vanitas – Robe de chair pour albinos anorexique » (1987) dont on a vu une contrefaçon sur Lady Gaga en 2010 lors des MTV Vidéo Music Award.
Planetarium, Jana Sterbak, 2003

Planetarium, Jana Sterbak, 2003

© François Halard
Berlinde de Bruyère, née exactement un siècle après Camille Claudel, est une figure majeure de l’art contemporain flamand. Son univers, dérangeant et parfois controversé, vacille autour de la souffrance anatomique. On y côtoie des corps humains écorchés, contorsionnés, mutilés, qui questionnent le spectateur sur la dualité « vie – mort ». L’artiste représente actuellement la Belgique à la 55ème édition de la biennale de Venise.
Aanéén-genaaid, Berlinde De Bruyckere, 1999

Aanéén-genaaid, Berlinde De Bruyckere, 1999

© François Halard
Exposition "Les Papesses" jusqu'au 11 novembre 2013 à Avignon 
Les oeuvres monumentales sont à découvrir au Palais des Papes, les petites sculptures et oeuvres sur papier à la Collection Lambert