Les céramiques Picasso à Aubagne : quand le maître rencontre la terre

Par @Culturebox
Mis à jour le 06/12/2016 à 06H30, publié le 25/04/2013 à 12H21
Visage d'homme extrait de l'exposition "Picasso, Céramique et Méditerranée"

Visage d'homme extrait de l'exposition "Picasso, Céramique et Méditerranée"

© Capture d'écran Culturebox

Vous pensiez tout connaître du plus grand génie artistique du 20e siècle ? Picasso, l'un des pères fondateurs du mouvement cubiste, est connu essentiellement pour ses peintures et ses sculptures. On connaît moins ses céramiques, tout aussi incroyables. Dans le cadre de Marseille-Provence 2013, la chapelle des Pénitents noirs d'Aubagne accueille jusqu'au 13 octobre 150 oeuvres du maître andalou.

L'exposition "Picasso, Céramiste et la Méditerrannée" présente plus de 150 oeuvres en céramiques pour beaucoup inédites. Installé à Vallauris au bord de la Méditerrannée de 1948 à 1955, Picasso entame une collaboration avec des artisans locaux, les Ramié, à l'atelier Madoura. Au sortir de la guerre, il se demande vers quoi son travail doit tendre et c'est grâce à la céramique et au travail de lithogravure qu'il va retrouver l'inspiration, dans la droite ligne de ses travaux précédents.

Reportage de M-H. Bonnot, T. Breton, M. Lesouef  
Séduit par "La ville aux 100 potiers", il déploie toute sa créativité pour allier une tradition millénaire avec son génie naturel et son goût de la nouveauté. Aubagne, la patrie des céramiste, lui offre un vibrant hommage.

Picasso s'installe dans une villa sur les collines : son activité créatrice se répartit, alors, entre son atelier du Fournas où il crée de nombreuses sculptures et l’atelier Madoura pour les céramiques où il crée plus de 3 500 oeuvres en terre cuite.

D'abord, Picasso reprend des objets anciens, parfois insolites, et les peint pour leur donner une nouvelle vie, entre tradition et modernité. Mais rapidement, Picasso, boulimique de travail et élève particulièrement doué s'initie à l'art de la création céramique et ne cesse d'inventer de nouvelles formes. Les objets "usuels" comme les assiettes ou les vases laissent place à des "architectures" fantaisistes qui épousent par exemple des formes animales comme ce vase zoomorphe de 1953.
Pablo Picasso, "Colombe", 7 janvier 1953 / Terre cuite blanche, lastre remodelée, peinte à l'engobe

Pablo Picasso, "Colombe", 7 janvier 1953 / Terre cuite blanche, lastre remodelée, peinte à l'engobe

© Succession Picasso 2013 / Maurice Aeschiman
« Un apprenti qui travaillerait comme Picasso ne trouverait pas d’emploi », diront plus tard les Ramié. Pour l'artiste, c'est moins la technique traditionnelle qui compte que les nouvelles possibilités créatrices que lui offre l'art céramique. Il n'oublie pas pour autant tout le poid d'une tradition, ancrée dans les racines de la terre, et fait ressurgir du passé une culture commune à tous les pays de la Méditerrannée.

On sent cette recherche perpétuelle de renouveau tout en retrouvant les éléments et thèmes récurrents de l'oeuvre de Picasso : animaux, tauromachie, visages souriants et déformés et nature morte. Le génial Picasso nous embarque une fois encore dans son monde étrange, porte un regard sur l'homme et les choses que nous connaissons tout en cherchant à rejoindre des rivages inconnus. 

Installation de l'exposition 

Reportage de O. Chartier-Delègue, G. Battini, F. Belin, I. Vochelet, M. Morand 

Exposition Picasso : les oeuvres en leur terre. Chappelle des Pénitents noirs d'Aubagne       Jusqu'au 13 octobre 2013.