Les arbres et les empreintes de Penone au musée de Grenoble

Par @Culturebox
Mis à jour le 06/12/2016 à 06H30, publié le 22/11/2014 à 12H26
Le sculpteur italien Penone au musée de Grenoble, novembre 2014

Le sculpteur italien Penone au musée de Grenoble, novembre 2014

© JEAN-PIERRE CLATOT / AFP

Les échanges de l'homme et de la nature racontés par les arbres sculptés et les empreintes végétales du sculpteur italien Giuseppe Penone s'exposent au musée de Grenoble jusqu'au 22 février 2015.

Première grande exposition dans un musée français depuis sa rétrospective au Centre Pompidou en 2004, elle se présente comme un "parcours intuitif, poétique, sensible" en cinq actes mêlant "des oeuvres anciennes avec des oeuvres récentes voire inédites", explique Guy Tosatto, directeur du musée.
Le sculpteur italien Penone au musée de Grenoble, novembre 2014..

Le sculpteur italien Penone au musée de Grenoble, novembre 2014..

© JEAN-PIERRE CLATOT / AFP
Né en 1947 dans une famille d'agriculteurs du Piémont, Giuseppe Penone, qui vit et travaille à Turin, a créé ses premières oeuvres en 1968. Il se rattache à l'Arte Povera, courant artistique italien apparu à la fin des années 1960, prônant un art détaché de la société de consommation à travers  notamment la simplicité des matériaux utilisés. Artiste reconnu internationalement, lauréat 2014 du prix "Praemium Imperiale", l'une des plus hautes distinctions culturelles japonaises, Penone est resté attaché aux matériaux naturels, comme le bois, la pierre, le marbre. 

Ses sujets de prédilection demeurent les végétaux

La forêt est omniprésente avec une série de troncs en marbre blanc de Carrare (Frontières indistinctes, 2012), des souches d'arbres revêtues de peaux (Souches de cuir, 2010) ou des troncs sculptés dans des poutres (Répéter la forêt, 1983-2011). Dans Ecrin (2007), il assemble des peaux façonnées sur de l'écorce d'arbre à un arbre de bronze dévidé et coupé en deux. Ailleurs, (Vert du bois, 1986), Penone figure un sous-bois en frottant des feuilles sur une toile. Il multiplie les empreintes avec des peaux agrandies, qui révèlent des paysages abstraits ou des épines d'acacia (2005) sur soie blanche décrivant une bouche monumentale.

Dans Souffle 3 (1978), Penone cherche même à reproduire son souffle dans la terre cuite, qui prend alors des airs de sexe féminin. "Respirer, c'est déjà faire de la sculpture pour Penone", explique Guy Tosatto. Dans Envelopper la terre (2014), c'est la trace de la main laissée dans une feuille d'aluminium fermée sur un morceau de terre cuite.
Giuseppe Penone à Versailles, "Elevazione", bronze et arbres (juin 2013)

Giuseppe Penone à Versailles, "Elevazione", bronze et arbres (juin 2013)

© Photo Valérie Oddos / Culturebox / France Télévisions
"L'étonnement est dans la simplicité des choses. C'est plus fort que de créer quelque chose d'étonnant dans un système très complexe", explique Penone. "Je cherche à trouver la logique de l'action et la logique de la forme et ça produit peut-être une qualité esthétique", ajoute-t-il. L'oeuvre prend enfin une tournure monumentale avec Sceau (2012), grand rouleau de marbre sculpté pour en faire ressortir des veines, exposé en 2013 dans le parc du château de Versailles.