La sculpture d'Anish Kapoor à nouveau dégradée à Versailles

Par @Culturebox
Mis à jour le 06/12/2016 à 06H30, publié le 10/09/2015 à 19H51
La sculpture d'Anish Kapoor "Dirty Corner" dégradée à Versailles.

La sculpture d'Anish Kapoor "Dirty Corner" dégradée à Versailles.

© François Guillot / AFP

La sculpture d'Anish Kapoor "Dirty Corner", vandalisée dimanche dans le parc du château de Versailles avec des inscriptions à caractère antisémite, a été à nouveau dégradée avec un tag sur le "respect de l'art", a fait savoir jeudi le Domaine de Versailles.

La phrase "Respect Art as U trust God" ("Respecte l'art comme tu crois en Dieu") a été inscrite en grandes lettres à la peinture rose sur la partie inférieure de la sculpture, a précisé la direction du Domaine, qui a décidé de renforcer les mesures de sécurité.

Des maîtres-chiens vont être déployés, des rondes de police seront effectuées pendant toute la nuit et de nouvelles caméras de surveillance installées, a-t-on précisé de même source. Des inspecteurs du ministère de la Culture ont été dépêchés et doivent produire un rapport, et un audit a été demandé sur la sécurité du site.

Les inscriptions vont probablement rester

Cette trompe d'acier à la connotation sexuelle évidente avait été recouverte dimanche dernier d'inscriptions à la peinture blanche: "La reine sacrifiée, deux fois outragée", "SS Sacrifice Sanglant", "le deuxième VIOL de la Nation par l'activisme JUIF DEVIANT". La sûreté urbaine de Versailles a été chargée de l'enquête.

Le chef de l'État, qui a reçu l'artiste mardi soir à l'Elysée, avait fait part le jour même de "toute sa solidarité" à Anish Kapoor réaffirmant "son attachement indéfectible à la liberté de création qui a sa place dans les lieux les plus prestigieux de notre patrimoine".

Dimanche soir, l'artiste plasticien britannique avait annoncé que les insultes ne seraient pas retirées car désormais "ces mots infamants font partie" de l'oeuvre. "Lors de la première dégradation, je m'étais déjà interrogé sur le bien fondé d'un nettoyage. Cette fois, je suis convaincu qu'il ne faut rien retirer de ces insultes, de ces mots propres à l'antisémitisme que l'on voudrait aussitôt oublier", a-t-il expliqué au Figaro. Des panneaux explicatifs devraient cependant être mis en place.  

Pour Kapoor, un "enterrement de la culture"

Venu constater les dégâts mardi 8 septembre, l'artiste avait nuancé son propos,estimant qu'il "avait besoin de temps pour décider" d'effacer les tags. Il avait fait part de sa "grande tristesse" et évoqué un "enterrement de la culture".

Catherine Pégard, présidente de Versailles, assure dans Le Figaro que les dégradations et les polémiques n'ont pas eu d'impact négatif sur les fréquentations : "Au contraire,'Kapoor Versailles' a fait venir un public immense, jeune, différent, qui vient redécouvrir le château à travers l'art contemporain." Pour elle, "via l'artiste, on s'en prend au patrimoine de la France car c'est à Versailles, notre emblème culturel, qu'il est exposé. Les vendales davent qu'ainsi leurs actes sont répercutés dans le monde entier. C'est l'image de la France aussi qu'ils atteignent."

Déja en juin dernier, cette oeuvre, la plus imposante des œuvres du sculpteur Anish Kapoor à Versailles, avait été vandalisée par des jets "superficiels" de peinture jaune.

L'exposition Kapoor, qui a débuté en juin, se tient jusqu'au 1er novembre 2015 dans les jardins du château de Versailles.