"STOP Ma Pa Ta" : des artistes béninois contre le pillage de l'Afrique à la Villa Arson

Par @Culturebox
Mis à jour le 07/06/2017 à 15H18, publié le 06/06/2017 à 15H50
La thématique de l'esclavage représentée par de nombreux artistes à la Villa Arson

La thématique de l'esclavage représentée par de nombreux artistes à la Villa Arson

© France3/Culturebox /capture d'écran

L’art en dit plus long sur un pays, sur sa culture que tous les discours du monde. La Villa Arson l’a bien compris. La prestigieuse école d’art niçoise a décidé d’inviter quatorze artistes béninois pour une exposition au titre évocateur : "STOP Ma Pa Ta", ma matière première n’est pas ta matière.

Reportage : P. Varnier / J. Bierlein / K. Schmid
C’est un petit pays situé entre le Togo et le Nigeria. Ancien protectorat français, le Bénin qui a accédé à l’indépendance en 1960, est aujourd’hui l’un des Etats les plus stables du continent africain. S’il reste peu développé d’un point de vue industriel et économique, le pays possède en revanche une production artistique très prolifique. Inspirée des arts traditionnels des différentes ethnies qui la composent, la culture béninoise est un heureux mariage entre racines et modernité, expression artistique et message politique.
Stop Ma Pa Ta (Ma matière n'est pas ta matière), Benjamin Déguénon, 2015.

Stop Ma Pa Ta (Ma matière n'est pas ta matière), Benjamin Déguénon, 2015.

© Charles Placide / Galerie Vallois
Face au vampirisme des grandes puissances occidentales qui s’accaparent les richesses de l’Afrique, les artistes font de la résistance. "Stop Ma Pa Ta" en béninois, "Ma matière première n’est pas ta matière" est le titre d’une œuvre de l’artiste Benjamin Déguénon.  La sculpture monumentale, sorte d’idole africaine réalisée à partir d’objets de récupération symbolise avec ironie cette exploitation autrefois politique et aujourd’hui économique de l’Afrique par "l’homme blanc". Une exploitation dont l’expression la plus terrible reste l’esclavage. Une plaie qui reste béante et que l’artiste Aston a voulu représenter à travers "Le voilier des temps". 
"Le voilier des temps", Aston, 2016.

"Le voilier des temps", Aston, 2016.

© Charles Placide / Centre Arts et Cultures de Cotonou