La "petite fille intrépide" fustigée par l'auteur du taureau de Wall Street

Par @Culturebox
Publié le 13/04/2017 à 16H28
La statue "the Fearless girl", New York, Etats-Unis, le 12 avril 2017

La statue "the Fearless girl", New York, Etats-Unis, le 12 avril 2017

© Jewel SAMAD / AFP

Installée face au taureau de Wall Street depuis le 7 mars, la statue “the Fearless Girl” a connu une succès extraordinaire. Sa popularité semble désormais gâcher la vie d'Arturo di Modica, l'auteur du taureau en place depuis 1989. Le sculpteur a décidé de porter plainte pour atteinte à ses droits d'auteur afin de dégager la petite fille intrépide.

"C'est vraiment mal. Elle est là à attaquer le taureau" a affirmé d’une voix chargée d'émotion Arturo Di Modica, l’auteur du fameux taureau de Wall Street. Selon le sculpteur italo-américain, le taureau représente la liberté et la paix du monde entier, alors que l’apparition de la petite fille, qui attire les foules en tenant tête à son bovin, “a changé le message que son oeuvre a voulu délivrer en quelque chose de négatif.” Inauguré en 1989, deux ans après le “lundi noir” et le krach d'octobre 1987, le taureau devait symboliser l'esprit d'entreprise américain. 

 

Succès immédiat de la "petite fille intrépide"

"The Fearless girl", la statue de la "petite fille intrépide" de l'artiste américaine Kristen Visbal, a été installée à Wall Street début mars pour la Journée de la femme. Elle a connu un succès immédiat avec son regard déterminé, ses mains sur les hanches et sa queue de cheval au vent.
 

"The Fearless girl", New York, Etats-Unis, le 12 avril 2017

"The Fearless girl", New York, Etats-Unis, le 12 avril 2017

© Jewel SAMAD / AFP

Financée par la société de gestion d'actifs State Street Advisors, qui entendait ainsi dénoncer le manque de femmes dans les conseils d'administration, elle ne devait au départ rester qu'une semaine. Mais vu son succès, le maire de New York Bill de Blasio a décidé de la maintenir jusqu'en mars 2018. Des milliers de personnes ont même signé une pétition pour qu'elle reste indéfiniment.


La société s'est dite "reconnaissante à New York et aux personnes du monde entier pour avoir réagi avec enthousiasme à ce que la fille sans peur représente - le pouvoir et le potentiel d'avoir plus de femmes dirigeantes".
 

Droit d'auteur et marque déposée

Si la petite fille a vite incarné les droits de la femme face à une présidence Trump dont certains craignent qu'elle les remette en cause, l'avocat du sculpteur, Norman Siegel, assure qu'elle est devenue "une force négative et une menace" et qu'il faut l'enlever. “Aucun d'entre nous ici n'est d'aucune façon contre l'égalité des sexes, mais il y a des questions de droits d'auteur et de marque déposée qui devaient et doivent toujours être réglées", a-t-il affirmé, appelant le maire et la société State Street.

fearless girl wall street people

© Jewel SAMAD / AFP

Le destin de la petite fille intrépide reste en suspens vu que le maire de New York semble déterminé à tenir bon. Il a tweeté, le 12 avril, que "les hommes qui n'aiment pas les femmes qui prennent de la place sont exactement la raison pour laquelle nous avons besoin de la fille sans peur".