La mairie FN de Hayange repeint une sculpture sans prévenir l'artiste

Par @Culturebox
Mis à jour le 06/12/2016 à 06H30, publié le 28/07/2014 à 17H09
Détail de la sculpture d'Alain Mila, sur laquelle des couches de peinture bleue ont été ajoutées par la mairie (28 juillet 2014)

Détail de la sculpture d'Alain Mila, sur laquelle des couches de peinture bleue ont été ajoutées par la mairie (28 juillet 2014)

© Jean-Christophe Verhaegen / AFP

La municipalité FN de Hayange (Moselle) a repeint en bleu une sculpture du centre-ville qu'elle jugeait "sinistre". D'où la colère de l'artiste qui s'étonne de ne pas avoir été prévenu et entend porter le litige devant les juridictions administratives.

L'oeuvre, une fontaine en métal et pierre, avait été achetée en 2001 par la municipalité socialiste de l'époque à un artiste local, Alain Mila, qui a depuis quitté la région. "Il y a quelques jours, j'ai reçu un coup de fil anonyme pour m'annoncer que ma fontaine avait été repeinte. Je n'y ai d'abord pas cru, mais un ami me l'a ensuite confirmé. La mairie ne m'avait rien dit ! Et quand je les ai appelés, je n'ai pas eu d'explication", a expliqué à l'AFP Alain Mila.

Reportage : C.Frechinos, JP.Duntze, E.Ducau, P.Level
Le maire FN : "On peine à appeler ça de l'art"

Le maire FN de Hayange, Fabien Engelmann, a dit assumer son choix et 
"ne pas comprendre qu'on fasse tout un pataquès" pour une oeuvre, selon lui, "dont on peine à appeler ça de l'art". Et de justifier : "Il n'y avait rien de mal à faire ça. On a une ville assez lugubre, sinistre, on a voulu l'égayer. On a repeint le fond en bleu piscine, le reste en bleu turquoise... Ça n'était en aucun cas pour détériorer la fontaine", a-t-il expliqué à l'AFP.

Le maire veut revendre la fontaine à l'artiste

Du fait de cette polémique, le maire souhaite d'ailleurs "revendre la 
fontaine à M. Mila", en rappelant qu'elle avait été achetée en 2001 "près de 9.000 euros, sans le moteur et la tuyauterie".

La ministre de la Culture, Aurélie Filippetti, a pour sa part dénoncé dans un communiqué "une violation manifeste du droit moral et des règles élémentaires du code de la propriété intellectuelle et de la protection du patrimoine".

Alain Mila, qui juge en outre que le bleu utilisé "est très proche de celui du logo du Front national", a attaqué la collectivité devant le tribunal administratif de Strasbourg. "Qu'on enlève la peinture", a-t-il exhorté, en déplorant "une atteinte à tout (son) travail et à (ses) valeurs".