L'hôtel Biron, en travaux, expose les marbres de Rodin

Par @Culturebox
Mis à jour le 06/12/2016 à 06H30, publié le 06/07/2012 à 14H51
Auguste Rodin, Mains d'amants

Auguste Rodin, Mains d'amants

© Musée Rodin - Photo Christian Baraja

L’hôtel Biron, à Paris, qui abrite le plus grand musée dédié à Auguste Rodin, est en ce moment en travaux. Une partie des salles reste accessible, et une exposition présente les marbres du sculpteur. C’est l’occasion aussi d’aller voir l’autre musée Rodin, celui qui est installé dans la villa des Brillants, la maison de Meudon où il a vécu les 25 dernières années de sa vie

Après ses dessins, le musée Rodin s'intéresse donc aux marbres de l'artiste. Pendant les travaux de rénovation, la salle d’exposition temporaire de la Chapelle attenante accueille l’exposition « Rodin, la chair, le marbre » : une cinquantaine de marbres et une dizaine de maquettes en terre cuite ou en plâtre témoignent de l’importance de ce matériau dans l’œuvre de Rodin.

L’exposition est chronologique et s’ouvre sur les œuvres les plus anciennes, mêlant références antiques et classiques.

Paradoxalement, le marbre dur et froid représente bien la souplesse et la chaleur de la chair, une fois sculpté et poli. Rodin savait particulièrement traduire la fraîcheur des corps d’enfants (Jeux d’enfants, 1885), les chairs fatiguées d’une vieille femme (L’Hiver, 1887) et surtout les nus féminins.

Auguste Rodin, Jeux de Nymphes

Auguste Rodin, Jeux de Nymphes

© Musée Rodin - Photo : Christian Baraja
L'art du flou
Plus tard les marbres de Rodin se font moins classiques, les visages s’enfoncent dans un bloc brut, les nymphes sont à moitié englouties dans la roche. La surface du marbre se fait surface marine sur au-dessus de laquelle seule surnage une tête de femme-poisson.

Rodin va jusqu’à cultiver le flou, le marbre se transforme en nuages ou en eau. Le bloc laissé à l’état brut est de plus en plus important par rapport aux figures sculptées qui se fondent dedans. L’œuvre confine à l’inachevé quand « Marie Fenaille, la tête appuyée sur la main » émerge à peine du bloc de pierre.

Les marbres sont accompagnés de quelques plâtres sur lesquels des clous servaient de repère pour la reproduction. Les marbres étaient réalisés par des praticiens, souvent des artistes eux-mêmes, sous la supervision de Rodin, d’après ces maquettes.

Auguste Rodin, La Danaïde, Grand modèle

Auguste Rodin, La Danaïde, Grand modèle

© Musée Rodin - Photo : Christian Baraja
L'autre musée Rodin, à Meudon
Situé rue de Varenne, dans le VIIe arrondissement de Paris, l'Hôtel Biron abrite les oeuvres, collections et archives léguées en 1916 à l'Etat français par Auguste Rodin, mort l'année suivante.

Cet hôtel particulier du XVIIIe siècle avait besoin d'importants travaux de mise aux normes et de rénovation (parquets, murs, moulures...). Il a été totalement fermé de janvier à mars. Depuis avril, il est ouvert seulement à moitié. Sa réouverture totale est prévue pour l'automne 2014.

Catherine Chevillot, directrice du musée depuis janvier 2012, cherche à développer le musée de Meudon (Hauts-de-Seine), où Rodin à vécu de 1893 à 1917. Dans un grand jardin, à côté de la maison où il vivait, un musée accueille ses plâtres. Le site sera désormais ouvert toute l’année mais on ne peut le visiter que trois jours par semaine (vendredi, samedi, dimanche).

Tous les renseignements sur le site du Musée Rodin
"Rodin, la chair, le marbre", jusqu'au 3 mars 2013

L'atelier d'Auguste Rodin à Meudon

L'atelier d'Auguste Rodin à Meudon

© photo Valérie Oddos / Culturebox - FTV