L'Arbre-serpents de Niki de Saint Phalle de retour à Angers restauré

Par @Culturebox
Mis à jour le 28/04/2017 à 14H33, publié le 28/04/2017 à 12H25
"L'arbre-serpents" de Niki de Saint Phalle est à nouveau visible dans la cour du musée des Beaux-Arts d'Angers

"L'arbre-serpents" de Niki de Saint Phalle est à nouveau visible dans la cour du musée des Beaux-Arts d'Angers

© France 3 / Culturebox

Après plusieurs mois d'absence, "L'Arbre-serpents" de Niki de Saint Phalle retrouve la terrasse du musée des Beaux-Arts d'Angers. Fortement endommagée, la célèbre sculpture de la plasticienne a subi une petite cure de jouvence. 70 000 € lui ont permis de retrouver son éclat original.

C'est une sculpture emblématique de Niki de Saint Phalle qui avait disparu du paysage angevin. Aujourd'hui, "L'Arbre-serpents" (dit aussi Arbre de vie), est de retour pour le plus grand plaisir des habitants d'Angers.

L'oeuvre était cachée dans une boite depuis 2012, en raison de la très forte altération de la peinture. Après cinq mois de restauration, la sculpture porteuse de mystères retrouve sa place sur la terrasse du Musée des Beaux-arts.

Reportage : R. Idres / C. Amouriaux / F. Thibert

Une restauration délicate

Réalisé en 1992, "L'Arbre-serpents" du musée des Beaux-Arts d'Angers avait progressivement perdu de son éclat. Exposée à l'air et aux intempéries, les couleurs vives et les dorures de la sculpture de Niki de Saint Phalle se ternissaient à vue d'œil. Afin d'éviter plus de dégâts, les équipes de conservations du musée décident, en 2012, de la protéger dans une boite. Les investigations débutent pour comprendre les raisons de cette altération et engager la restauration. 
arbre serpents après restauration © France 3 / Culturebox

Lorsque les résultats des analyses tombent, le musée et la petite-fille de l’artiste décident de refaire l’intégralité de la polychromie. "C’était une décision difficile à prendre. J’avais très peur d’enlever toutes les couleurs. Je suis habituée aux restaurations, lorsqu’on ne refait que certaines parties de l’œuvre mais une réfection totale, c’est une première ! ", raconte Christine Besson, conservateur du musée en charge de l’art contemporain à Ouest-France

Le chantier a été confié à une entreprise de la région parisienne (Art&Concept) qui n'est autre que le reproducteur statutaire et restaurateur officiel des œuvres de Niki de Saint Phalle en Europe. Dirigés par Gérard Haligon, les travaux ont d'abord consisté à nettoyer la pièce pour relever toutes les teintes, puis d'effectuer toutes les comparaisons nécessaires avec le dossier photos datant de la création. "On a ensuite décapé la surface jusqu’à la résine, posé un apprêt et maintenant il faut réappliquer les couleurs en deux, trois, voire quatre couches", rapporte le maître artisan au Parisien



L’Arbre-serpents est aussi rutilant que lors de son arrivée en 2005. 

Christine Besson, conservateur du musée d'Angers en charge de l’art contemporain
arbre serpents détail © France 3 / Culturebox

"L'Arbre-serpents" porteur d'histoires et de peurs

Niki de Saint Phalle a réalisé plusieurs sculptures d'"Abres-Serpents" aussi appelées "Arbre de Vie". Le reptile est très présent dans l’œuvre de l’artiste : le serpent du Jardin des Tarots (Italie, Toscane), noir et blanc, évoque les ténèbres Dans "L'arbre-fontaine", réalisé en 1987, les serpents sont rassemblés en bouquet et ne crachent que de l’eau. À Paris, la Fontaine Igor Stravinsky, réalisée avec son mari Jean Tinguely, comporte un serpent bariolé qui tourne sur lui-même.
"Fontaine Stravinsky" de Niki de Saint Phalle

"Fontaine Stravinsky" de Niki de Saint Phalle

© BEP/LE PARISIEN

Figure inquiétante et pernicieuse, le serpent raconte aussi une période douloureuse de la vie de l'artiste, lorsqu'elle fut abusée par son père à l'âge de douze. C'est sans doute pour contrer ce mauvais esprit et les fantômes de l'enfance, que Niki de Saint Phalle baptisera ces sculptures "Arbres de vie". 


Les visiteurs du Musée peuvent à nouveau l'admirer et une exposition sur la sculpture et sa remise en couleurs se tiendra du 17 mai au 17 septembre 2017
En 2015, le Grand Palais de Paris avait consacré une grande rétropective des oeuvres de Niki de Saint Phalle

En 2015, le Grand Palais de Paris avait consacré une grande rétropective des oeuvres de Niki de Saint Phalle

© GINIES/SIPA