Juan Carlos à quatre pattes et sodomisé : la sculpture fait scandale à Barcelone

Par @Culturebox
Mis à jour le 06/12/2016 à 06H30, publié le 23/03/2015 à 12H24
Le titre de la statue de l'artiste autrichienne Ines Doujak est "Not Dressed for Conquering / Haute Couture 04 Transport"

Le titre de la statue de l'artiste autrichienne Ines Doujak est "Not Dressed for Conquering / Haute Couture 04 Transport"

© LLUIS GENE / AFP

Une exposition controversée montrant une sculpture de l'ancien roi d'Espagne Juan Carlos en train d'être sodomisé a finalement ouvert ses portes ce week-end au Musée d'art contemporain de Barcelone, le MACBA. Son directeur est donc revenu sur sa décision polémique de l'annuler.

"Les avis venus de nombreux et divers secteurs de la société, depuis le monde de l'art et de la culture jusqu'à la politique et les médias, ainsi que ceux des professionnels internationaux du monde de l'art m'ont fait revenir sur ma première décision de ne pas inaugurer" l'exposition, a expliqué le 21 mars le directeur du MACBA Bartomeu Mari, dans une lettre ouverte.

Jouan Carlos représenté en train de se faire sodomiser par une syndicaliste bolivienne

C'est la présence d'une sculpture montrant le roi Juan Carlos, souverain d'Espagne pendant 39 ans jusqu'à son abdication en juin 2014, nu, à quatre pattes, étant pénétré par la responsable syndicaliste bolivienne Domitila Barrios, elle-même sodomisée par un chien, un berger allemand, qui l'avait poussé à annuler l'exposition.

Cette oeuvre en papier mâché de l'artiste autrichienne Ines Doujak baptisée "Not Dressed for Conquering / Haute Couture 04 Transport" avait déjà été présentée au public en décembre lors de la biennale de Sao Paulo. Sa créatrice avait alors expliqué qu'elle "joue avec les relations de pouvoir et les subvertit".

Débat animé en Espagne autour de l'annulation décidée de l'expositon

Après avoir appris qu'elle figurait parmi les oeuvres des 30 artistes internationaux composant l'exposition organisée en partenariat avec le Wurttembergischer Kunstverein, de la ville allemande de Stuttgart, Bartomeu Mari avait demandé aux commissaires qu'ils retirent "cette image très sensible", selon les médias espagnols. Les commissaires ont refusé, poussant le directeur à annuler toute l'exposition. Une décision polémique qui a suscité un débat animé en Espagne.

"Je n'ai jamais vu mon geste comme un geste de censure", assure Bartomeu Mari dans sa lettre. "Je l'ai perçu comme un désaccord sur la présence d'une oeuvre concrète et les conséquences de ses possibles lectures", ajoute-t-il, présentant ses "sincères excuses" et offrant sa démission au musée.

Baptisée "la bête et le souverain", l'exposition a été ouverte samedi 21 mars au public.