Helen Marten reçoit le Turner Prize pour ses assemblages hétéroclites

Par @Culturebox
Mis à jour le 06/12/2016 à 09H29, publié le 06/12/2016 à 09H22
Helen Marten, lauréate du Turner Prize 2016, devant son œuvre "Night-blooming Genera" (2015), à la Tate Britain, le 5 décembre 2016
 

Helen Marten, lauréate du Turner Prize 2016, devant son œuvre "Night-blooming Genera" (2015), à la Tate Britain, le 5 décembre 2016
 

© James Gourley / REX / Shutterstock / SIPA

Le prix Turner, prestigieuse récompense d'art contemporain décerné au Royaume-Uni, a été remis lundi à la Londonienne Helen Marten pour ses sculptures réalisées avec des matériaux peu communs, comme de la peau de poisson et des cubes de craie de billard.

Cette artiste de 31 ans a reçu son prix lors d'une cérémonie à Londres, le  jury saluant une "contribution exceptionnelle au développement de l'art contemporain visuel".
 
"Ils ont admiré les qualités poétiques et énigmatiques de son travail qui reflètent les complexités et les défis d'être au monde aujourd'hui", a déclaré le musée londonien Tate Britain, qui héberge le Turner  Prize, ainsi nommé en hommage au peintre William Turner.
 
Helen Marten, née en 1985, réalise des sculptures en assemblant des objets ordinaires ou extraordinaires comme des pièces de monnaie, des semelles de chaussures, des billes, des œufs, de la craie de billard ou de la peau de serpent. Des sortes de sculptures-collages en forme de devinette. L'artiste invite le spectateur à se faire les archéologues de leur temps
 
Créé en 1984, ce prix annuel est réservé aux artistes de moins de 50 ans qui résident, travaillent ou sont nés au Royaume-Uni. Réputé pour son anticonformisme -et familier des controverses-, il compte parmi ses anciens  lauréats des iconoclastes comme Damien Hirst et Anish Kapoor.

Une autre concurrente, Anthea Hamilton, avait attiré l'attention

Helen Marten a remporté le prix 2016, doté d'une récompense de 25.000 livres (30.000 euros), devant trois autres finalistes qui recevront chacun 5.000 livres (6.000 euros).
 
Parmi ses trois concurrents, Michael Dean, Josephine Pryde et Anthea Hamilton, c'est cette dernière qui avait le plus attiré l'attention ces derniers temps, avec une sculpture représentant la partie inférieure du corps  d'un homme vu de dos, les mains sur les fesses, et une oeuvre composée d'une  série de ceintures de chasteté métalliques pendues au plafond.
 
Helen Marten avait déjà remporté le mois dernier une autre récompense, le  Hepworth Prize for Sculpture.

Une artiste contre la xénophobie et l'intolérance

Les grands événements politiques internationaux de 2016, avant tout le vote des Britanniques en faveur de la sortie de l'Union européenne et la victoire de  Donald Trump à l'élection présidentielle américaine, ont été largement évoqués au cours de la cérémonie de lundi.
 
En recevant son prix, Helen Marten a décrit la situation du monde comme  "toujours plus précaire" et s'est exprimée contre la xénophobie et l'intolérance.
 
"Je pense qu'en tant qu'artistes dans le monde d'aujourd'hui, et en tant que personnes vivant dans cet environnement, nous sommes très, très privilégiés de nous trouver ici dans une communauté dont l'essence est la diversité et l'exubérance", a-t-elle déclaré.
 
Le directeur de la Tate Britain, Nicholas Serota, est allé dans le même sens. "A un moment où existent des craintes qu'en Grande-Bretagne nous ne devenions plus insulaires et plus centrés sur nous-mêmes en tant que nation, le prix Turner nous rappelle que l'art nous ouvre à de nouvelles idées", a-t-il  dit.