En hommage à Giacometti, Gérard Gartner détruit ses œuvres à la tronçonneuse

Par @Culturebox
Mis à jour le 06/12/2016 à 06H30, publié le 18/01/2016 à 16H48
Gérard Gartner détruit ses oeuvres à la tronçonneuse

Gérard Gartner détruit ses oeuvres à la tronçonneuse

© Culturebox/capture d'écran

Son œuvre ne lui survivra pas. L'artiste Gérard Gartner a détruit à la tronçonneuse ses dernières sculptures. Auparavant, il avait emmené une grande partie de ses œuvres dans une usine de recyclage. Une façon pour lui de commémorer les 50 ans de la mort de Giacometti, dont il était proche, mais aussi de saluer le mouvement DADA

Reportage: . Claire Louet, Stéphane Sovillé
Durant des années, Gérard Gartner a réalisé des sculptures à partir de matière plastique récupérées dans les déchetteries. A 81 ans, l'artiste a fait un choix surprenant : détruire la totalité de son travail. Ne lui parlez pas de suicide artistique. Cette initiative irréversible est mûrement réfléchie ! Pour lui, l’objet n’a aucune importance, seul le processus de la création prime.
 
Gartner 2 © Culturebox/capture d'écran

Cette démonstration de force est aussi l’occasion pour Gérard Gartner de célébrer les 50 ans de la mort du sculpteur et du peintre suisse Giacometti (1901-1966), artiste inclassable dont il fut un proche, mais aussi le centenaire du mouvement Dadaïsme. Un cheminement qui n’est pas si étonnant. En 1955, déjà, Son ami Giacometti renia sa production antérieure, déclarant ses objets d’époque surréaliste "bons à être rejetés".
 
Alberto Giacometti (1901-1966), à Zurich pour l'émission "Les heures chaudes de Montparnasse" à l'occasion d'une grande exposition qui lui est consacrée 

Alberto Giacometti (1901-1966), à Zurich pour l'émission "Les heures chaudes de Montparnasse" à l'occasion d'une grande exposition qui lui est consacrée 

© Jean Adda / Ina / AFP
 
Ce mouvement intellectuel, littéraire et artistique, apparu à New York et à Zurich en 1916, se caractérise par une remise en cause de toutes les conventions et contraintes idéologiques, esthétiques et politiques. Cette communauté est née d’un immense dégoût envers la guerre. Cette activité de déconstruction et de destruction des langages se traduit par des œuvres durables qui ouvrent certaines voies majeures de l’art contemporains.