Élisa Freudenreich sculpte des femmes d'argile aux corps voluptueux

Par @Culturebox
Mis à jour le 06/12/2016 à 06H30, publié le 07/09/2016 à 16H51
Elisa Freudenreich travaille les sculptures sur argile depuis les années 90.

Elisa Freudenreich travaille les sculptures sur argile depuis les années 90.

© capture d'écran France 3 / Culturebox

La sculpteure Élisa Freudenreich travaille l’argile, en représentant principalement la femme dans tous ses états. Rencontre avec une artiste aux œuvres sensuelles.

Depuis les années 90, des centaines de corps sont passés sous les doigts d’Elisa Freudenreich. Dans son atelier au fond du jardin, l’artiste sculpte des pièces uniques, entre mythologie grecque et réalisme. D’un bloc d’argile, elle donne naissance à des personnages vus ou imaginés.

Lorsque l’artiste amiénoise présente une ébauche, la terre est encore humide plusieurs jours après. Après l’inspiration, c’est le temps de la mise en forme, le travail des courbes. "On va dire qu’elles sont carrées. Elles ne sont pas rondes parce que je vais souvent vers des lignes très épurées", confie-t-elle. Les créations d’Elisa Freudenreich sont directement inspirées de la mythologie et héritent donc d’une corpulence à part. "Si on voit les Vénus ou les reptiliennes, elles sont souvent carrées d’épaule. J’aime bien les fesses et les seins donc j’accentue toujours un peu ces proportions", avoue l’artiste.

Reportage : S. Crimon / J. Arrignon / J. François / L. Segala

Élisa et ses élèves

La sculpteure de 70 ans ne se contente pas de créer pour exposer, puisqu’elle donne également des cours hebdomadaires et organise des stages. Si le sens du regard semble primordial, le geste et la technique le sont tout autant. Ses élèves écoutent avec attention les conseils de leur professeur. Pour Nathalie Faugère, l’activité est "gratifiante". "On part d’un bloc de terre et de nos mains. Avec ce que l’on a à l’esprit, on se dit qu’on arrive à en tirer quelque chose. Il y a tout un cheminement que je trouve très intéressant", souligne-t-elle.
Elisa Freudenreich donne également des cours de sculpture.

Elisa Freudenreich donne également des cours de sculpture.

© capture d'écran France 3 / Culturebox

Pas si facile de retranscrire en sculpture l’idée d'origine même pour Catherine Quequet. Médecin de profession, elle connait l’anatomie sur le bout des doigts, et semble pourtant avoir des difficultés pour travailler ce modèle photo aux courbes voluptueuses. "Au début c’est très compliqué parce que l’on n’arrive pas à faire ce que l’on avait prévu. C’est très angoissant mais c’est là qu’Elisa intervient. Elle nous donne des clefs pour modifier notre façon de sculpter. On apprend à avoir des réflexes par rapport à tout ce que l’on veut transmettre aux mains et que les mains puissent retransmettre complètement ce que l’on a dans le cerveau", témoigne-t-elle.

Dans la sculpture sur argile, rien n’est irréversible tant que la création n’est pas cuite. Elisa Freudenreich décomplexe alors ses élèves et toutes les femmes aux formes généreuses.