Didier Vermeiren : sculpture, socle et photographie à la maison rouge à Paris

Par @Culturebox
Mis à jour le 06/12/2016 à 06H30, publié le 20/07/2012 à 17H29
Vue de l’exposition Didier Vermeiren, sculptures – photographies

Vue de l’exposition Didier Vermeiren, sculptures – photographies

© Marc Domage

La maison rouge à Paris expose des œuvres récentes et un peu moins récentes du sculpteur belge Didier Vermeiren, qui questionne les possibilités de la sculpture aujourd’hui. Il s’interroge sur le support de la sculpture, le socle, et sur le regard qu’on porte sur elle, à travers la photographie

Didier Vermeiren est né à Bruxelles en 1951. Marqué par ses aînés sculpteurs, il est aussi passé par l’art minimal et conceptuel.

Il présente deux séries d’œuvres, exposées dans deux pièces. Dans la première pièce, ses œuvres les plus récentes. Deux urnes en plâtre, « Etudes pour l’urne », sont posées sur de grands socles cubiques. Elles semblent dialoguer avec deux « Etude pour la pierre », en bois. Ces titres évoquent la « Cariatide à la pierre » et la « Cariatide à l’urne » sculptées par Rodin pour la Porte de l’enfer.

Vue de l'exposition Didier Vermeiren sculptures-photographies

Vue de l'exposition Didier Vermeiren sculptures-photographies

© Marc Domage
Brancusi avait fait du socle une partie intégrante de la sculpture. Ici, on ne sait plus ce qui est socle ou ce qui est sculpture quand un cube de plâtre est posé sur trois éléments successifs en bois. L’œuvre s’intitule d’ailleurs « Socles ». Un peu plus loin, une simple plaque de plâtre est posée au sol, sous le titre « Terrasse ».

Vermeiren a toujours pratiqué la photographie parallèlement à la sculpture, comme Brancusi encore. Ici, il expose une vue de « L’atelier à 4 heures du matin », hommage, à l’œuvre de Giacometti, « Le Palais à 4 heures du matin ». Il a utilisé un temps de pause de plusieurs heures pour cette image un peu irréelle.

Là ou la première salle de l’exposition évoque la pesanteur, les œuvres de la seconde semblent en suspens. Légèrement en contrebas, on voit d’abord de haut la série de sculptures posées en déséquilibre. Ces sortes de socles en plâtre de hauteurs différentes ont été retournés, de haut en bas et comme un gant. Ils semblent danser. Leurs titres renvoient, encore, à des sculptures fameuses de Canova ou Rodin.

Tout autour de la pièce, Vermeiren expose des photos en noir et blanc au cadrage identique : il a fait tourner sur elle-même une sculpture dont on voit une infinité de mouvements grâce à de longs temps de pause. Il faut alors remonter sur le palier pour contempler l’ensemble qui apparait dans son unité.

Didier Vermeiren, sculptures-photographies, la maison rouge, 10 boulevard de la Bastille, 75012 Paris
du mercredi au dimanche, 11h-19h, le jeudi jusqu’à 21h
jusqu’au 23 septembre 2012

La maison rouge expose aussi l’artiste suisse Louis Soutter (1871-1942), qui a produit l’essentiel de son œuvre puissante dans un hospice de vieillards où il a passé les vingt dernières années de sa vie, contre son gré. Une œuvre peu montrée en France et à voir absolument