Deux bronzes rares de Pierre Bergé bientôt restitués à la Chine

Par @Culturebox
Mis à jour le 06/12/2016 à 06H30, publié le 26/04/2013 à 11H37
Deux statues en bronze, une tête de rat et une tête de lapin, appartenant à la collection d'Yves Saint Laurent et Pierre Bergé, lors de leur présentation au Grand Palais (21/2/2009)

Deux statues en bronze, une tête de rat et une tête de lapin, appartenant à la collection d'Yves Saint Laurent et Pierre Bergé, lors de leur présentation au Grand Palais (21/2/2009)

© Rémy de la Mauvinière / AP / Sipa

Deux pièces rares issues du pillage du Palais d'Eté de Pékin en 1860, objets d'une vive polémique lors de leur mise aux enchères en 2009 à Paris, vont être rendues à la Chine par la famille Pinault. Celle-ci avait racheté les pièces à Pierre Bergé, qui ignorait qu'elles retourneraient à Pékin.

C'est ce qu'a révélé à l'AFP, vendredi à Pékin, un porte-parole du groupe Pinault-Printemps-Redoute (PPR), qui n'a pas souhaité être nommé. Les objets du litige sont deux têtes d'animaux en bronze, un rat et un lapin, de l'époque de l'empereur Qianlong (1736-1795).

Le PDG du groupe PPR, François-Henri Pinault, dont la famille a racheté les deux pièces à la collection de Pierre Bergé et Yves Saint Laurent, a annoncé ce geste au président chinois Xi Jinping lors du dîner d'Etat donné jeudi à Pékin à l'occasion de la visite du président François Hollande, a précisé le porte-parole.

Pékin avait lancé une action, sans résultat, en 2009
En 2009, la Chine avait lancé, sans succès, une action en justice contre la maison d'enchères Christie's afin de l'empêcher de proposer, lors de la vente de la collection d'art d'Yves Saint Laurent, ces deux pièces, issues du sac du Palais d'Eté de Pékin en 1860. Pierre Bergé avait refusé de restituer à la Chine ces deux pièces, après avoir décidé de disperser aux enchères la totalité de l'exceptionnelle collection d'oeuvres d'art réunie pendant près de 50 ans avec son compagnon Yves Saint Laurent, disparu en 2008.

La tête de rat et la tête de lapin avaient été adjugées en février 2009, pour 14 millions d'euros chacune, à un acheteur anonyme qui participait par téléphone à l'enchère. Le mois suivant, il s'était identifié publiquement comme Cai Mingchao, expert auprès du Fonds des trésors nationaux, fondation de droit privé chargée de racheter à l'étranger les oeuvres d'art chinoises. Il avait annoncé que le prix de la vente ne serait pas réglé.

"La famille Pinault a depuis racheté ces deux pièces", a déclaré à l'AFP le porte-parole, sans vouloir préciser pour quel montant, mais "pas celui auquel elles étaient parvenues lors des enchères (...) Hier (jeudi) soir, François-Henri Pinault, lors du dîner d'Etat avec (le président chinois) Xi Jinping, lui a annoncé son intention d'en faire don à la Chine." Le PDG de PPR fait partie de la délégation d'une soixantaine de patrons partis avec François Hollande pour son premier voyage en Chine.

Bergé ignorait les projets de Pinault
Interrogée par l'AFP, la fondation Bergé - Saint Laurent a eu Pierre Bergé au téléphone sur ce sujet. Il a confirmé la vente des bronzes à François-Henri Pinault et indiqué que cette transaction s'était "très bien passée". "Si M. Pinault veut donner ces pièces à la Chine, c'est son droit", a ajouté Pierre Bergé, cité par sa fondation.

Pierre Bergé a ajouté qu'il ne savait pas au moment de la transaction "à quoi ces pièces seraient destinées", selon la fondation. Le montant de la vente n'a pas été divulgué.

En octobre 2009, l'ancien compagnon d'Yves Saint Laurent avait déclaré qu'il espérait vendre un jour ces têtes s'il trouvait "un acheteur courageux". "Ce qui est sûr, c'est que je ne les offrirai pas à la Chine", avait-il dit.