Dérangeant et intrigant, des animaux empaillés au service de l'art contemporain

Par @Culturebox
Mis à jour le 06/12/2016 à 06H30, publié le 29/04/2016 à 11H18
"No Man's land", les animaux empaillés qui interrogent les dérives des sociétés actuelles

"No Man's land", les animaux empaillés qui interrogent les dérives des sociétés actuelles

© France 3 / Culturebox

Deux artistes contemporains ont installé un bestiaire déconcertant dans l'église désaffectée des Trinitaires de Metz (Moselle). Avec des d'animaux empaillés, Djan Silveberg et Gilbert Coqalane utilisent l'art contemporain pour interroger la notion de liberté et le devenir de nos sociétés. Étrange et intrigante, l'exposition "No man's land" est à découvrir jusqu'au 1er mai.

L'église des Trinitaires à Metz n'est plus un lieu de culte mais un lieu de culture. Concerts , performances, projection de films : l'édifice accueille actuellement "No Man's Land", une exposition d'art contemporain qui explore les limites de la liberté.

Méfiez-vous, les animaux empaillés de Djan Silveberg et de Gilbert Coqalane ont bien des choses à nous apprendre.

Reportage :  R. Elkaim / Y.  Kreild / T. Maginot

Dans le langage scientifique on l'appelle la taxidermie. Passés dans les mains et les cerveaux des deux plasticiens, ces animaux pétrifiés sortent de leur torpeur et évoquent des thèmes chers à l'art contemporain.

Djan Silveberg explore  les idéologie extrémistes, l'hyperconsommation et l'aliénation de l'individu à l'argent et au travail. Les oiseaux trônent sur un casque marqué du sceau nazi, l'écureuil assoit son pouvoir sur une liasse de billets et le petit poussin jaune au regard inoffensif porte une ceinture d'explosifs.

Le canard explosif de Djan Silveberg

Le canard explosif de Djan Silveberg

© France 3 / Culturebox

J'essaie d'apporter un éclairage sur ces caractéristiques d'hypermédiatisation, d'hyper individualisme.  La société contemporaine a certaines caractéristiques qui font qu'on pousse les choses vers les extrêmes

Djan Silveberg - Plasticien

Jamais morbide, la taxidermie devenue artistique évoque plutôt la liberté chez Gilbert Coqalane.  Son corbeau posé sur le rebord d'un panier de basket prêt à s'envoler dans le ciel  bleu en est le plus bel exemple
 

Gilbert Coqalane

Gilbert Coqalane

© France 3 / Culturebox

La taxidermie me permet de redonner vie à des choses très codifiées qui à la base sont inertes

Gilbert Coqalane