Anish Kapoor reçu ce soir par François Hollande à l'Élysée

Par @Culturebox
Mis à jour le 06/12/2016 à 06H30, publié le 08/09/2015 à 14H27
Panneau installé par les autorités du château de Versailles devant "Dirty Corner", annonçant et condamnant l'acte de vandalisme dont l'œuvre a fait l'objet (6 septembre 2015)

Panneau installé par les autorités du château de Versailles devant "Dirty Corner", annonçant et condamnant l'acte de vandalisme dont l'œuvre a fait l'objet (6 septembre 2015)

© François Guillot / AFP

L'artiste Anish Kapoor, dont une sculpture a été vandalisée dimanche dans les jardins du château de Versailles, sera reçu ce mardi à 19H15 à l'Élysée, a annoncé la présidence de la République. La cour de l'Elysée ne sera pas ouverte à la presse pour cette visite.

Dimanche, le chef de l'État avait fait part de "toute sa solidarité" à Anish Kapoor réaffirmant "son attachement indéfectible à la liberté de création qui a sa place dans les lieux les plus prestigieux de notre patrimoine".

L'œuvre de l'artiste, une trompe d'acier à la connotation sexuelle évidente et qui avait déjà été vandalisée en juin, a été recouverte cette fois de nombreuses inscriptions à la peinture blanche avec certaines lettres inscrites en majuscules : "La reine sacrifiée, deux fois outragée", "SS Sacrifice Sanglant", "Le deuxième VIOL de la Nation par l'activisme JUIF DEVIANT". Mais aussi : "Le Christ est roi à Versailles."

Kapoor veut conserver les dégradations en l'état

Lundi soir, le ministère de la Culture a annoncé que la sculpture resterait en l'état après sa dégradation, comme le souhaite son créateur, avec des panneaux explicatifs qui doivent être posés "dans les prochains jours". "C'est le choix de l'artiste. Le choix de montrer que certains ont aujourd'hui un problème avec la liberté de création", a souligné le ministère.

"Il faut continuer à expliquer au public, par des panneaux, par une action de médiateurs, ce qui s'est passé : il y a eu une dégradation très grave de l'oeuvre, les auteurs seront punis", selon le ministère de la Culture, qui rappelle qu'"une enquête est en cours".

Dimanche soir, l'artiste avait annoncé que les insultes ne seraient pas retirées car désormais "ces mots infamants font partie" de l'oeuvre. "Lors de la première dégradation, je m'étais déjà interrogé sur le bien fondé d'un nettoyage. Cette fois, je suis convaincu qu'il ne faut rien retirer de ces insultes, de ces mots propres à l'antisémitisme que l'on voudrait aussitôt oublier", a-t-il expliqué au Figaro.

La "question de la sécurité" se pose

"Anish Kapoor a pris sa décision en parfait accord avec Catherine Pégard", présidente du domaine du Domaine et du château de Versailles, a confirmé lundi l'établissement. Cette dernière a souligné, dans une déclaration écrite, que cet "acte de vandalisme intolérable" pose "tout naturellement la question de la sécurité". Elle a décidé de réunir "dans les prochains jours" le "comité de sécurité" de l'établissement "pour tirer les premiers enseignements de cette atteinte à notre patrimoine".

"Dès aujourd'hui (lundi), j'ai demandé que soient renforcés les moyens techniques et humains existants et surtout que soient mises en place de nouvelles mesures pour renforcer la sécurité du château de Versailles et de son parc", a-t-elle ajouté.

Valls : "Il ne faut rien cacher"

Interrogé lundi soir par Canal+ sur cette décision de maintenir l'œuvre en l'état, le Premier ministre Manuel Valls a estimé que "ça posera sans doute des problèmes et des débats, mais je crois qu'il ne faut rien cacher". Il a ajouté : "Je ne supporte plus ce racisme et cet antisémitisme qui se déversent sur les réseaux sociaux et ces actes antisémites." Il a évoqué "le combat d'une vie, en tout cas le combat du militant que je suis".

L'exposition Kapoor se tient jusqu'au 1er novembre 2015 dans les jardins du château de Versailles.