3,6 millions d'euros pour "Andromède", le marbre blanc de Rodin disparu pendant 130 ans

Par @Culturebox
Mis à jour le 31/05/2017 à 09H48, publié le 31/05/2017 à 09H45
"Andromède", Auguste Rodin, Artcurial mars 2017

"Andromède", Auguste Rodin, Artcurial mars 2017

© GABRIEL BOUYS / AFP

Une sculpture en marbre blanc d'Auguste Rodin représentant la princesse éthiopienne "Andromède" endormie nue sur un rocher a été vendue 3,6 millions d'euros aux enchères mardi par la maison Artcurial à Paris.

Détenue depuis 130 ans par une famille chilienne, l'oeuvre, créée en 1886-1887, était estimée entre 800.000 et 1,2 million d'euros. Les enchères, surtout par téléphone, sont montées très rapidement pour atteindre 3.670.600 euros (4,1 millions de dollars).

Il existe quatre autres exemplaires de cette pièce dont trois font partie des collections des musées Rodin de Paris et Philadelphie, et du Musée des Beaux-Arts de Buenos Aires. Le quatrième a été acquis par un particulier en 2006 lors d'une vente aux enchères à New York pour 3 millions de dollars.
Statut Andromède, Rodin

Statut Andromède, Rodin

© Artcurial
L'exemplaire mis en vente par Artcurial a été "offert par le sculpteur en 1888 au diplomate chilien en poste à Paris Carlos Morla Vicuña en remerciement du don d'un buste (créé par Rodin) de son épouse au Musée du Luxembourg", explique Bruno Jaubert, directeur du département "Impressionnistes et Modernes".

Une oeuvre d'un grand raffinement 

"Depuis 130 ans elle est restée dans cette famille de diplomates malgré les différents postes à l'étranger occupés par ses membres", a-t-il précisé. D'un grand raffinement, l'oeuvre est caractérisée par le contraste entre le rocher laissé plus ou moins brut et le traitement particulièrement soigné du corps d'Andromède, fille du roi Céphée et de Cassiopée, qui fut délivrée d'un monstre par Persée et l'épousa.

Cette vente intervient alors qu'on célèbre le centenaire de la mort d'Auguste Rodin (1840-1917), marqué notamment par une rétrospective au Grand Palais (jusqu'au 30 juillet), où sont réunies quelque 200 de ses oeuvres et des sculptures d'artistes contemporains revendiquant son influence.

Même si beaucoup d'artistes aimaient à donner une image d'eux-mêmes, burin en main, face au bloc de pierre, Auguste Rodin, comme tous les grands sculpteurs de son temps, ne taillait pas le marbre. Cette tâche fatigante était réservée à des artisans spécialisés, les praticiens, ou à ses élèves comme Constantin Brancusi ou Bourdelle. Rodin, lui, modelait l'argile dont étaient tirés plusieurs plâtres, et parfois des bronzes.