Préservons à l'avenir le budget de la culture, plaident des députés socialistes

Par @Culturebox
Mis à jour le 06/12/2016 à 06H30, publié le 13/11/2013 à 12H35
Les files d'attente lors des séances de dédicaces au Salon du livre de Paris

Les files d'attente lors des séances de dédicaces au Salon du livre de Paris

© Francis Forget

Quelques jours après une étude très intéressante sur le poids économique de la culture, supérieur au luxe et à l'automobile, voici que plusieurs députés socialistes ont plaidé pour que le budget de la Culture soit à l'avenir "sanctuarisé". En attendant la baisse de 2% dans le budget 2014 a été entérinée mercredi.

"La baisse du budget de la Culture représente une goutte d'eau dans l'océan des déficits hérités de l'ancienne majorité et son prolongement sur plusieurs années serait un non-sens économique", a plaidé le rapporteur sur ce budget Pierre Alain-Muet (PS).

"Ce secteur est confronté par essence à des coûts croissants, de sorte qu'on ne peut le préserver qu'au moyen d'un financement public non seulement important mais aussi en augmentation", a-t-il ajouté. "Les gains de productivité du travail y sont quasiment inexistants: la représentation du +Médecin malgré lui+ ou l'interprétation de +La Flûte enchantée+ nécessitent à peu près la même quantité de travail qu'à l'époque de Molière ou Mozart", a-t-il illustré.

Tout en jugeant "naturel" que ce ministère participe lui aussi à "l'effort national de réduction des dépenses", le président de la commission des Affaires culturelles, Patrick Bloche (PS), a appelé le gouvernement "à faire désormais extrêmement attention à ne pas déstabiliser la mise en oeuvre de politiques essentielles pour gagner quelques millions supplémentaires".

Un budget en baisse de 2%

Ce budget de la Culture, en repli de 2% avec des économies principalement sur les grands établissements culturels, a été approuvé par les groupes de la majorité alors que Front de gauche et opposition ont voté contre. "Nous devrions nous satisfaire que vous taillez à la hache plutôt qu'à la tronçonneuse", a ironisé l'UMP Michel Herbillon.

Aurélie Filippetti défent sa politique

Cette baisse du budget "est tout le contraire d'un coup de rabot", a plaidé la ministre Aurélie Filippetti, qui a affirmé avoir "préservé l'ensemble des secteurs de la création - le spectacle vivant, les arts plastiques, l'édition littéraire, la musique". Plusieurs mesures fiscales dans le budget 2014 soutiennent la culture, comme la baisse à 5,5% de la TVA sur les places de cinéma ou un taux réduit de TVA sur les importations d'oeuvres d'art. 

"Pour le seul passage de la TVA à taux réduit sur les places de cinéma, l'évaluation de la perte de recettes pour le budget de l'Etat par rapport à une taxation au taux intermédiaire de 10% est de 50 millions d'euros", a reconnu Patrick Bloche.