Visa pour l'Image : la Chine polluée dans l'oeil acéré du photo-reporter Lu Guang

Par @Culturebox
Mis à jour le 14/09/2017 à 11H30, publié le 05/09/2017 à 19H52
Travail dans la poussière. Les industries grandes consommatrices d’énergie et très polluantes ont dû quitter l’est du pays pour s’installer dans les régions centrales et occidentales. Wuhai, Mongolie-Intérieure, 2006.
© Lu Guang / Contact Press Images

Travail dans la poussière. Les industries grandes consommatrices d’énergie et très polluantes ont dû quitter l’est du pays pour s’installer dans les régions centrales et occidentales. Wuhai, Mongolie-Intérieure, 2006.
© Lu Guang / Contact Press Images

© © Lu Guang / Contact Press Images

Parmi les expositions photographiques proposées à Perpignan jusqu'au 17 septembre 2017, les clichés du photo-reporter chinois Lu Guang marquent les esprits. Ses photos de la pollution en Chine dépassent toute imagination. Guang a pris des risques pour sa liberté et même pour sa vie en réalisant ce reportage.

Le monde sait que la Chine souffre d'une pollution quasiment sans égale. Les photos que propose Lu Guang à Visa pour l'Image montrent que la réalité dépasse tout ce qu'on pouvait imaginer. Des régions entières de cet immense pays devenues quasiment inhabitables, la nature a trop reculé face aux assauts des fumées dégagées par des centaines d'usines. Là où paissaient des troupeaux, la terre devenue aride ne peut plus nourrrir le moindre bétail. Les rivières charrient des tonnes de déchets et se sont transformées en égoûts. 

Reportage : France 3 M. Berrurier / M. Tamon / M. Savineau / M. Le Rue
Les cancers se multiplient parmi les populations trop pauvres pour quitter les régions les plus polluées. De nombreux enfants viennent au monde affligés de malformations. Cette réalité, longtemps niée par les autorités, un reporter chinois a risqué sa vie pour en lancer l'alerte. Refusant de regarder la catastrophe environnementale en face, l'Etat chinois a longtemps empêché la divulgation de toute information à ce propos. L'exposition de Lu Guang signiferait-elle que face à l'étendue des dégâts, il changerait d'avis ? On aimerait le croire.

Lu Guang, né en 1961, ne fait pas de photos pour le plaisir de réaliser de belles images. Et si, malgré son terrible sujet, ses clichés sont esthétiques, c'est aussi parce que le reporter est, en plus, un véritable artiste.