Visa pour l'image : Gerd Ludwig, voyage au coeur du "tourisme nucléaire"

Par @Culturebox
Mis à jour le 06/12/2016 à 06H30, publié le 04/09/2015 à 14H31
Pripyat, Ukraine, 2013 : pendant leur journée de visite dans la zone d’exclusion, les touristes ont quelques minutes pour se prendre en photo devant le sarcophage entourant le réacteur numéro 4. 

Pripyat, Ukraine, 2013 : pendant leur journée de visite dans la zone d’exclusion, les touristes ont quelques minutes pour se prendre en photo devant le sarcophage entourant le réacteur numéro 4. 

© Gerd Ludwig / National Geographic Creative / National Geographic Magazine

Le festival Visa pour l’image raconte à lui seul tous les chaos du monde et les bizarreries de l’âme humaine. Pour preuve, l’exposition "Tourisme nucléaire" consacrée au travail du photographe Gerd Ludwig sur le site de Tchernobyl. Ouvert à la visite depuis 2011, il attire un public qui semble inconscient des drames qui se sont joué ici. Une inconscience saisie par l’œil du photographe.

Suite à la catastrophe de Tchernobyl le 26 avril 1986, une zone d'exclusion couvrant une superficie de près de 300 000 hectares a été mise en place, impliquant l’évacuation définitive de plus de 200 000 personnes. Malgré cela, depuis janvier 2011, le gouvernement a autorisé la visite du site (une ouverture qui coïncide presque avec drame de Fukushima en mars de la même année). Depuis, des tours opérators proposent des visites guidées à 130 euros pour se rendre sur le réacteur n°4 où a eu lieu l’explosion et sur lequel un nouveau sarcophage est en cours de construction.

Autre étape: la ville de Pripyat qui abritait 50 000 personnes avant la catastrophe. Elle est aujourd’hui dévastée et abandonnée. L’ambiance qui y règne est glaçante. L’attitude de certains touristes dans cet univers semble totalement déplacées comme le montre les photos de Gerd Ludwig.

Reportage : J-M. Escaffre / F. Jobard / A. Vaillant
Photographe et photojournaliste américain d'origine allemande, Gerd Ludwig est certainement l’un de ceux qui connaît le mieux le site ukrainien de Tchernobyl. Depuis 1989 et son arrivée au magazine National Geographic, il s’est concentré sur les questions environnementales et les changements socio-économiques en ex-Union soviétique.

Depuis vingt ans, il se rend régulièrement sur le site de Tchenobyl : "Je suis capable de savoir, lorsque je retourne à Tchernobyl et Pripyat, si une scène a changé depuis ma dernière visite. Des photographes qui n’auraient pas l’esprit assez critique ne peuvent pas s’en apercevoir", confiait Gerd Ludwig à nos confrères de France 3 Languedoc-Roussillon
Tchernobyl, 21 septembre 2013 : dans la zone d’exclusion, un parc commémorant les maisons abandonnées a ouvert en 2011. Sur les panneaux sont inscrits les noms de tous les villages évacués. 

Tchernobyl, 21 septembre 2013 : dans la zone d’exclusion, un parc commémorant les maisons abandonnées a ouvert en 2011. Sur les panneaux sont inscrits les noms de tous les villages évacués. 

© Gerd Ludwig / National Geographic Creative / National Geographic Magazine
De ces deux décennies d’observation sur le site de Tchernobyl, le photographe a tiré un livre-rétrospective, "The Long Shadow of Chernobyl", publié aux éditions Lammerhuber. Pour ce travail et pour l’ensemble de sa carrière, Gerd Ludwig a reçu le prix du Dr. Erich-Salomon 2014, décerné par la Société allemande de photographie dont le but est de promouvoir la photographie et ses applications artistiques et scientifiques.

"Tourisme nucélaire" par Gerd Ludwig au Couvent des Minimes
Festival Visa pour l'image à Perpignan 
Jusqu'au 13 septembre 
Entrée gratuite, tous les jours, de 10h à 20h


 "The Long Shadow of Chernobyl"
Gerd Ludwig
Editions Lammerhuber
252 pages
98 euros