VIDEO. "Échapper à Daech" : les Peshmergas dans l'objectif de Frédéric Lafargue

Par @Culturebox
Mis à jour le 06/12/2016 à 06H30, publié le 01/09/2016 à 09H18

Chaque année, Visa pour l'Image, à Perpignan, montre l'actualité du monde sans détours. Jusqu'au 11 septembre 2016, la thématique de cette édition est entièrement dédiée au destin des réfugiés. L'occasion de réveiller les consciences et de comprendre des situations lointaines. Le photoreporter Frédéric Lafargue expose ses photos réalisées aux côtés des Peshmergas, en Irak, en novembre dernier.

"Échapper à Daech", c'est ainsi que le photoreporter Frédéric Lafargue et Flore Olive , grand reporter à Paris Match, ont intitulé leur travail sur les Peshmergas. Ces combattants kurdes qui aident les réfugiés à s'enfuir font aussi office de filtre pour repérer des kamikazes de Daech cachés dans les rangs des candidats à l'exil.

Une exposition rare à Visa, la seule à présenter des photos réalisées au plus près des hommes de l'État islamique. Souvent des hommes jeunes à la barbe fraîchement taillée par exemple.
Au sein des familles recueillies pas les combattants kurdes, un jeune homme est soupçonné d’appartenir à Daech : sa barbe vient d’être coupée aux ciseaux à la hâte et il ne parle pas kurde mais arabe, avec un accent étranger. Il est mis à l’écart.

Au sein des familles recueillies pas les combattants kurdes, un jeune homme est soupçonné d’appartenir à Daech : sa barbe vient d’être coupée aux ciseaux à la hâte et il ne parle pas kurde mais arabe, avec un accent étranger. Il est mis à l’écart.

© Frédéric Lafargue pour Paris-Match

Parfois ils ne sont même pas armés mais ils cherchent à pénétrer les périmètres contrôlés par les Peshmergas pour déclencher des bombes qui ont été laissées en arrière au moment de l'évacuation

Frédéric Lafargue

Installés en novembre dernier en Irak, près de la frontière syrienne, les deux reporters ont suivi la fuite de civils vivant à 5 kilomètres de la ligne de front. Des hommes, des femmes et des enfants échappent ainsi aux combattants de Daech qui occupent leur village.

De nuit, éclairés à la lampe torche des Peshmergas, le drame des exilés est amplifié par le contexte lui-même.

Les scènes sont remarquablement éclairées pour la sécurité, ce qui n'est pas pour déplaire au photographe

Frédéric Lafargue
Par une des rares brèches dans la ligne de défense, une femme enceinte franchit enfin la ligne de front, 19 avril 2016. 

Par une des rares brèches dans la ligne de défense, une femme enceinte franchit enfin la ligne de front, 19 avril 2016. 

© Frédéric Lafargue pour Paris-Match

Des milliers de civils fuient leur village occupés par des soldats de Daech. Trois kilomètres de terrain miné que des femmes, des enfants et des hommes parcourent dans la peur jusqu'à la ligne de front contrôlée par les Peshmergas.

A leur arrivée, c'est fouille obligatoire afin de filtrer un maximum de ceux qu'ils considèrent suspects.

Les combattants de Daech se servent de cette fuite de civils pour tenter d'infiltrer les lignes Peshmergas de façon à se faire exploser

Frédéric Lafargue
Des hommes du colonel Mustapha Hajer, chef des commandos Zeravani engagés dans la reprise de Sinjar, fouillent les indivividus  ayant fui les secteurs encore contrôlés par Daech. Les attaques-suicides d’éléments infiltrés dans ces familles sont fréquentes. 

Des hommes du colonel Mustapha Hajer, chef des commandos Zeravani engagés dans la reprise de Sinjar, fouillent les indivividus  ayant fui les secteurs encore contrôlés par Daech. Les attaques-suicides d’éléments infiltrés dans ces familles sont fréquentes. 

© Frédéric Lafargue pour Paris-Match

Frédéric Lafargue "couvre" Daech depuis 2014, au plus près des civils qui fuient leur pays ou des soldats qui protègent les populations, et son constat est amer. 


Pour ce qui est de la problématique de Daech, j'ai sincèrement du mal à être optimiste. J'aimerais que les efforts faits par les Peshmergas ou les combattants du PKK soient suffisants pour endiguer la menace, mais je finis par en douter

Frédéric Lafargue