Sébastien Laval photographie les minorités du Vietnam

Par @Culturebox
Mis à jour le 06/12/2016 à 06H30, publié le 27/04/2014 à 19H17
l'affiche de l'exposition "54..." 

l'affiche de l'exposition "54..." 

© Sébastien Laval

Le photographe poitevin Sébastien Laval sillonne depuis plusieurs années les provinces vietnamiennes à la rencontre des 53 minorités qui les composent. Ces ethnies parfois perdues dans les forêts possèdent chacune ses traditions et souvent même son langage. Il expose ses photos sur le pont Eiffel qui enjambe la Rivière des Parfums à Huê, l'ancienne capitale impériale.

L'expression est galvaudée mais elle vaut pour le Vietnam : ce pays est une mosaïque de peuples. Si les Kinhs ou Viets en composent la majeure partie, ces descendants des Chinois doivent composer avec plus de cinquante minorités disséminées surtout dans le centre et le nord du pays. La visite de villages "des minorités" est d'ailleurs un circuit que proposent toutes les agences de voyage. Il faut pourtant savoir que ces peuples que la plupart des Vietnamiens appellent des "sauvages" sont méprisés et tenus pour inférieurs. Ayant conservé jusque dans leur vie quotidienne les vêtements traditionnels, ces peuples apparaissent rétrogrades et à la traîne de l'Histoire dans un pays tout entier tourné vers un rêve de modernité.

Le régime en place, héritier des vainqueurs de la guerre d'Indochine puis de la guerre contre les Américains, n'a pas oublié non plus que certaines de ces minorités ethniques ont apporté leur aide à la France ou aux Etats-Unis pendant les conflits. A ce titre, elles ont eu à subir de violentes brimades pendant de longues années.

Reportage : E. Gérard / T. Chapuzot / A. Liégard
Sébastien Laval expose ses photos en noir et blanc sur le pont qui enjambe la Rivère des Parfums à Huê, l'ancienne capitale impériale et principale ville du centre-Vietnam, l'ancien Annam de la période coloniale. Ce pont construit par Gustave Eiffel relie les deux rives à quelques centaines de mètres de la citadelle impériale, haut lieu historique pour deux raisons. La première reste le témoignage de l'époque où elle était la résidence de l'Empereur. Il régnait sur toute la péninsule. La seconde raison remonte à 1968. Huê et la cité impériale elle-même ont été le théâtre d'une longue bataille directe et meurtrière et entre l'armée américaine et l'Armée Populaire du Vietnam.

Sébastien Laval avait déjà accroché son exposition intitulée "54..." au musée des Beaux-Arts d'Ho-Chi-Minh Ville, l'ancienne Saïgon.
Après l'année France-Vietnam en 2013, 2014 est l'année Vietnam-France.