Rencontres d'Arles : dernier tour de piste pour François Hébel

Par @Culturebox
Mis à jour le 06/12/2016 à 06H30, publié le 07/07/2014 à 11H22
L'affiche des Rencontres d'Arles (2014) et François Hébel, son directeur, qui passera la main l'an prochain (ici en 2008)

L'affiche des Rencontres d'Arles (2014) et François Hébel, son directeur, qui passera la main l'an prochain (ici en 2008)

François Hébel, qui dirige sa dernière édition des Rencontres de la photographie, a invité des amis et fidèles du grand rendez-vous arlésien comme Lucien Clergue, Raymond Depardon, Martin Parr, Christian Lacroix. L'édition 2014 promet toutefois de nombreux inédits.

La 45e édition des Rencontres internationales de la photographie d'Arles, intitulée "Parade", qui se tient du 7 juillet au 21 septembre et présente 50 expositions, aura comme un parfum d'adieu pour François Hébel qui passe la main après avoir mené et fortement développé le festival pendant treize ans. Il a décidé l'hiver dernier de démissionner, faute d'avoir obtenu le soutien de l'Etat et des collectivités pour les terrains des anciens ateliers SNCF, un des lieux traditionnels des Rencontres.
David  Bailey, Catherine Bailey, 1989. Avec l'aimable autorisation de l'artiste

David  Bailey, Catherine Bailey, 1989. Avec l'aimable autorisation de l'artiste

© Rencontres d'Arles
 
La parade de François Hébel
Les ateliers ont été cédés pour la somme de 10 millions d'euros par la région PACA à la riche mécène Maja Hoffmann, qui a choisi d'y implanter sa fondation Luma pour l'art contemporain. Une tour, conçue par l'architecte américain Frank Gehry, est en construction et ouvrira en 2018.
 
François Hébel a toutefois accepté de diriger une dernière édition avant de passer le relais à Sam Stourdzé, le directeur du musée de l'Elysée à Lausanne.
 
"La parade, c'est la fin du spectacle, le moment où tous les artistes se retrouvent et mettent leurs costumes avant de plier le chapiteau et venir saluer leur public adoré", avait-il souligné en avril.
Les livres chinois de Martin Parr exposés à Arles

Les livres chinois de Martin Parr exposés à Arles

© Rencontres Arles
 
Les livres chinois de Martin Parr
Privées d'une grande partie de leurs espaces aux Ateliers, les Rencontres se sont notamment repliées sur un ancien immeuble de bureaux du centre-ville. Elles y dévoileront entre autres la collection de livres de photographies chinoises de Martin Parr, qui avait été directeur artistique invité à Arles en 2004. En 2009, le photographe britannique y avait présenté sa série sur le luxe et le monde des très riches.
 
Christian Lacroix présente à la chapelle de la Charité une exposition sur le thème de l'Arlésienne, la femme qu'on attend et qui n'apparaît jamais. C'est au couturier, originaire d'Arles, qu'avait été confiée une partie de la programmation en 2008.
Raymond Depardon, le monument aux morts de Céret (Pyrénées-Orientales)

Raymond Depardon, le monument aux morts de Céret (Pyrénées-Orientales)

© Raymond Depardon
 
Les monuments au morts de Raymond Depardon
En 2006, c'est Raymond Depardon qui était invité d'honneur et commissaire. Pour l'édition 2014 des Rencontres, à l'occasion du centenaire de la Grande guerre, le photographe qui a sillonné la France pendant cinq ans, a développé le thème des monuments aux morts. Les Français ont été conviés à participer à l'exposition en photographiant leur monument aux morts selon un protocole établi par Depardon. 5000 de leurs images sont sur huit écrans (Eglise des Frères prêcheurs).
 
Lucien Clergue, 80 ans, un des fondateurs des Rencontres, a bien sûr été invité. Il présente ses œuvres sur une cimaise de 100 mètres de long, ainsi qu'au musée Réattu.
Vik Muniz, Bain de soleil, 2014, Avec l’aimable autorisation du Vik Muniz Studio, New York et Rio de Janeiro, et Sikkema Jenkins & Co, New York.

Vik Muniz, Bain de soleil, 2014, Avec l’aimable autorisation du Vik Muniz Studio, New York et Rio de Janeiro, et Sikkema Jenkins & Co, New York.

© Vik Muniz
 
Le Swinging London de David Bailey et les photos de famille de Vik Muniz
François Hébel se défend de toute "nostalgie" et promet beaucoup d'inédits.
 
Le Britannique David Bailey, photographe du "Swinging London", qui n'a pas exposé en France depuis 30 ans, montre une série de portraits réalisés pour les magazines de mode ou pour des reportages dans différents pays (église Sainte-Anne)
 
Le Brésilien Vik Muniz présente son travail sur les photos de famille et sur les cartes postales fragmentées et recomposées (église des Trinitaires).
 
Le comédien et réalisateur Vincent Pérez révèle ses talents de photographe, avec une sélection de portraits d'acteurs (abbaye de Montmajour).
Lucien Clergue, L'Arlequin de la grande récréation, Arles, 1954, avec l'aimable autorisation de l'artiste

Lucien Clergue, L'Arlequin de la grande récréation, Arles, 1954, avec l'aimable autorisation de l'artiste

© Rencontres Arles
 
Les intermittents prennent la parole
La semaine d'ouverture, qui permet des rencontres avec des professionnels de la photographie du monde entier, avec des débats, des signatures de livres, des colloques, des projections, a lieu du 7 au 13 juillet. Les expositions se poursuivent tout l'été, jusqu'au 21 septembre.
 
L'an dernier, les Rencontres d'Arles avaient accueilli près de 100.000 visiteurs, un record.
 
Le conflit des intermittents devrait s'inviter au festival. Le jour de l'inauguration officielle, lundi, des intermittents, notamment des techniciens, hostiles à la nouvelle convention d'assurance chômage durcissant leurs conditions d'indemnisation, ont prévu de prendre la parole.
 
En 2003, lors de la crise très dure des intermittents, les expositions avaient été ouvertes normalement mais les soirées au Théâtre antique avaient dû  être annulées.