Quinzaine photographique de Nantes : quand l'invisible se révèle à l'image

Par @Culturebox
Mis à jour le 26/09/2017 à 19H15, publié le 26/09/2017 à 18H04
Une quinzaine de photographe sont invités à dévoiler leur mondes invisibles à la Quinzaine photographique de Nantes

Une quinzaine de photographe sont invités à dévoiler leur mondes invisibles à la Quinzaine photographique de Nantes

© Emmanuelle Brisson / Charles Fréger / Xavier Barral / Carina Hesper

Durant un mois (15 septembre-15 octobre 2017) Nantes fait place à la photographie contemporaine. Dix lieux exposent une quinzaine de photographes qui ont exploré les mondes invisibles et intimes. Dissimulation, phénomènes imperceptibles, archives cachées, milieux interstellaires ou figure du sauvage, le public est invité à abandonner tous les codes de la rationalité.

La quinzaine photographique de Nantes (QPN pour les connaisseurs) plonge pour sa 21e édition dans les manifestations de l'invisible. La programmation aborde la thématique sous deux angles : l’invisible révélé d'une part et l'exploration de la dissimulation d'autre part. Pour Hervé Marchand, directeur du festival, l'ADN du parcours tient en trois points : montrer des choses inaccessibles, explorer l'infiniment petit et l'infiniment lointain et mettre en lumière des histoires invisibles.

"Like a Pearl in my Hand" de Carina Hesper

Parmi les grands coups de cœur d'Hervé Marchand, "Like a Pearl in my Hand" de la photographe Carina Hesper. Son projet est à la fois terrifiant et porteur d'espoir. Il raconte le destin tragique des enfants aveugles de l'orphelinat Bethel, à Pékin. En Chine, la cécité est considérée comme un handicap majeur et beaucoup de parents abandonnent leurs enfants malvoyants.
Carina Hesper "Like a Pearl in my Hand"

Carina Hesper "Like a Pearl in my Hand"

© Carina Hesper
Les photographies de Carina Hesper ont ensuite été recouvertes d’une encre thermosensible noire opacifiant complètement l’image. Pour dissiper ce voile et révéler les portraits, le spectateur est invité à toucher les tirages : au-delà de 25 °C l’encre devient transparente et laisse apparaître l’image sous-jacente.
Carina Hesper Like a Pearl in my Hand expo © Carina Hesper
"Like a pearl in my hand" de Carina Hesper à l'Atelier ◉ 1 rue de Chateaubriand 44000 Nantes, Du 15 sept. au 15 oct. 2017 - Ouvert du lundi au samedi de 13 h à 19 h, le dimanche de 10 h à 19 h. 

Des villes imaginaires créées par Filip Dujardin aux paysages irréels de la planète Terre de Philippe Cauneau, la déambulation est parfois déroutante et incite le visiteur à se laisser guider par les émotions.
Reportage : D. Jouillat / T. Poirier / B. Rouch / D. Boutmin

"Sur Terre, ailleurs" avec Philippe Cauneau

Lorsqu'il découvre les images éditées par Google Earth, Philippe Cauneau est dans un premier temps interloqué par la froideur et la monotonie des images satellites. Puis il découvre à quel point ces négatifs font naître une perception inhabituelle du réel. Happé par cet univers impalpable, il se réapproprie des images de navigation satellite et fait apparaître l’empreinte laissée par l’homme sur la nature.
"Californie" de Philippe Cauneau

"Californie" de Philippe Cauneau

© Philippe Cauneau
"Je trouve intéressante cette perte de repères que l'on a avec la réalité lorsque l'on prend de la hauteur parce certaines images sont très esthétiques voire poétiques alors que ce sont des lieux de déforestation ou d'exploitation de gaz de schiste", explique Philippe Cauneau. Le travail du photographe nantais est une exploration de la Terre vue du haut, du très haut. Il transporte le visiteur vers des paysages imaginaires où l’interprétation a toute sa place, comme dans un voyage intérieur.
"Louisiane" de Philippe Cauneau

"Louisiane" de Philippe Cauneau

© Philippe Cauneau
"Sur Terre ailleurs" de Philippe Cauneau au Temple du Goût ◉ 30 rue Kervégan 44000 Nantes - Du 15 sept. au 15 oct. Ouvert tous les jours de 14 h à 19 h.

Les "Réalités impossibles" de Filip Dujardin

Les immeubles imaginaires de Filip Dujardin ont trouvé leur antre à La Maison de l'architecture. Si les compositions du photographe belge semblent réelles, elles déstructurent en fait totalement les façades et créent une nouvelle forme d'architecture de fiction.
Filip Dujardin- sans titre de la série 'Fictions' 

Filip Dujardin- sans titre de la série 'Fictions' 

© Filip Dujardin
Imbrications, enfouissement, extraction, le plasticien puise ses influences dans la peinture surréaliste et dans la littérature de l'absurde. On décèle aussi dans son travail un univers inspiré de la bande dessinée, de Moebius à Bilal. Filip Dujardin part pourtant bien d'une réalité existante. Les paysages qu'ils capte se trouvent dans la région de Ghent, en Belgique. C'est à la retouche qu'il les reconstitue en utilisant des techniques digitales de collage.

Filipp Dujardin est aujourd'hui mondialement connu. Ses montages surréalistes sont très prisés aux Etats Unis où il a exposé à San Fransisco et au MoMa à New York. 

"Réalités impossibles" de Filip Dujardin  à La Maison de l'architecture ◉ La Grande Galerie 17 rue La Noue Bras de Fer 44200 Nantes - Du 21 sept. au 10 nov. Du lundi au vendredi de 9 h à 17 h 30 

A voir aussi durant tout le festival, les photographies des étranges "Wilder Man" de Charles Freger, l'exploration photographique de la planète Mars par Xavier Barral, ou "Les profondeurs du coeur" d'Emmanuelle Brisson, un portrait intime de la mère de la photographe.
Entrée gratuite pour toutes les expositions.