Paris Photo : un marché large et des prix globalement plus abordables

Par @Culturebox
Mis à jour le 06/12/2016 à 06H30, publié le 08/11/2015 à 15H17
Paris Photo, 18e édition, en 2014 au Grand Palais. Paris

Paris Photo, 18e édition, en 2014 au Grand Palais. Paris

© MaxPPP / Annie Viannet/MAXPPP

Première foire mondiale du secteur, Paris Photo permet de prendre la température du marché de la photographie, dont les prix restent plus abordables que ceux de la peinture ou de la sculpture, même s'ils ont augmenté depuis 15 ans. Pour cette 19e édition (12-15 novembre), 174 galeries de 33 pays (et 27 éditeurs) sont présentes sous la nef du Grand Palais.

A noter une forte représentation française (45 galeries) et américaine (27) mais aussi des galeries allemandes (15) et britanniques (13) et trois nouveaux venus : l'Estonie, le Luxembourg et la Slovaquie.

"Ce qu'on voit très bien à Paris Photo, explique Florence Bourgeois, directrice du salon, c'est que le panorama de la photo mondiale est extrêmement large : tendance historique, tendance politique et sociale, tendance plasticienne...". "Toutes les tendances cohabitent, il y a un peu de tout, comme nous le confirment les professionnels des ventes aux enchères", renchérit Christian Wiesner, directeur artistique de Paris Photo, qui propose une nouvelle section "Prisms" dédiée aux grands formats et aux oeuvres sérielles. 

Selon le 18e rapport annuel d'Artprice sur le marché mondial de la photo, celui-ci reste fortement centré sur l'Amérique et l'Europe. Au premier semestre 2015, 54% des ventes aux enchères de photographies ont été réalisées par les Etats-Unis, suivis par la Grande-Bretagne (26%) et la France (9%). Deuxième puissance du marché de l'art (Fine art) avec 26% des ventes (1er semestre 2015), la Chine reste un nain pour la photo avec 1,2% des enchères, indique le leader mondial des banques de données sur la cotation et les indices de l'art.

Plusieurs millions d'euros


Pour l'Asie, la Chine, Hong Kong, l'Inde, le Japon et Taïwan sont présents à Paris. "Mais la photo se développe en Asie avec Photo Shanghai, souligne Christoph Wiesner, et nous avons la chance d'avoir une deuxième foire Paris Photo à Los Angeles, où on travaille beaucoup plus sur un axe Amérique-Asie". 
Portrait signé Cindy Sherman

Portrait signé Cindy Sherman

© France 2
Malgré l'engouement suscité par le travail de certains artistes, comme Cindy Sherman, la photographie reste le médium le plus abordable comparé à la peinture ou à la sculpture. "La photo démarre plus bas, mais avec des artistes qui peuvent atteindre plusieurs millions d'euros", souligne Florence Bourgeois.

Selon Artprice, au premier semestre 2015 en salle des ventes, "s'il fallait débourser en moyenne 60.000 dollars pour une toile, 47.000 dollars pour une sculpture et même 25.000 dollars pour un dessin, le prix intermédiaire d'adjudication pour une photo tombait à 10.000 dollars". Sur la même période, la moitié des oeuvres ont été vendues pour moins de 1.560 dollars et 4 lots sur 5 ont été acquis pour des enchères inférieures à 7.000 dollars. S'ils sont encore moins élevés, les prix de la photo ne cessent cependant d'augmenter, et davantage que ceux du marché de l'art global : 48% sur les quinze dernières années contre 36% pour le Fine Art dans son ensemble.
Andreas Gursky devant sa photographie "Rhein II"

Andreas Gursky devant sa photographie "Rhein II"

© JOERG KOCH / DDP / AFP
Selon Artprice, vingt artistes comptent au moins une enchère supérieure à un million de dollars. Près des deux tiers de ces enchères sont détenus par Andreas Gursky, Cyndy Sherman et Richard Prince. Figurent dans la liste des pionniers comme Gustave Le Gray, des grands noms comme Man Ray ou Richard Avedon mais pas Henri Cartier-Bresson ou Robert Capa. Egalement présents dans le Top 20, des plasticiens, dont la photo est un outil parmi d'autres comme Richard Prince, Gilbert & George et Jeff Koons, détenteur de la plus haute enchère publique (9,4 millions de dollars). "Dans les cent artistes les plus connus dans le monde, il y en a cinquante qui utilisent la photo, pas forcément comme médium principal", souligne Christoph Wiesner, notant également que "pour tous les créateurs spécialisés dans la performance, les photos sont la seule trace de leur travail".