Michel Lagarde et ses poèmes photographiques hyper-irréalistes

Par @Culturebox
Mis à jour le 06/12/2016 à 06H30, publié le 07/01/2014 à 10H36
"Quand la mer monte" (détail) 

"Quand la mer monte" (détail) 

© Michel Lagarde

Jusqu'au 11 janvier 2014, Michel Lagarde ni peintre, ni photographe, expose au Centre Atlantique de la Photographie de Brest ses "Dramagraphies", des images en noir et blanc qui le mettent en scène dans des situations à la fois désuètes et humoristiques. Très travaillées à l'ordinateur, ses dramagraphies n'en perdent pour autant rien de leur poésie.

Chaque image est un poème sans mots. Les "Dramagraphies" de Michel Lagarde entraînent le "regardeur" de ces images dans une dimension à la frontière du rêve et de la nostalgie. Très empreintes d'un monde dont les démiurges auraient pour nom Jacques Tati, Maurice Baquet, les Branquignols et Robert Doisneau, les images de Robert Lagarde font appel à des souvenirs collectifs. Ils permettent à chacun de s'identifier à ce personnage récurrent, l'artiste lui-même, parfois seul, parfois en groupe, lui-même toujours, démultiplié, reproduit, cloné. Lui, plus petit que lui-même, lui-même plus vieux que lui. Il s'apprête à faire naufrage sur un canot pris dans une mer déchaînée, on le retrouve plus loin en deux exemplaires d'envahisseurs martiens échappés d'un film de série B des années 50, et c'est encore lui cet ouvrier renfrogné, faucille à la main, dans la cour boueuse d'une usine qu'on imagine au loin, soviétique.

reportage :C. Molina, C. Aubaile, R. Gurgand, O. Mélinand
Familier et déroutant
Michel Lagarde compose ses photographies à partir d'éléments disparates, méticuleusement imaginés à l'avance et assemblés avec une grande maîtrise de l'image numérique. Toutes sont en noir et blanc et dotées d'un contraste magnifique. Comédien, mais aussi décorateur, l'artiste se met en scène dans des situations et des ambiances que ne renieraient pas les Jeunet et Caro de "Delicatessen" ou de "La cité des enfants perdus". L'impression d'étrangeté est générale, un peu comme si l'on se promenait dans le rêve de quelqu'un d'autre. Un monde à la fois familier et déroutant. Visionner ces images provoque une addiction spontanée, on a immédiatement envie de regarder la suivante, puis la suivante de la suivante. Michel Lagarde produit ses dramagraphies depuis 2004.

"Les dramagraphies" de Michel Lagarde
Centre Atlantique de la Photographie de Brest
Jusqu'au 11 janvier 2014