Marc Garanger, photographe et capteur de mondes

Par @Culturebox
Mis à jour le 06/12/2016 à 06H30, publié le 14/03/2013 à 16H59
"Marc Garanger, un regard amoureux" à l'Ar[T]senal de Dreux

"Marc Garanger, un regard amoureux" à l'Ar[T]senal de Dreux

© Marc Garanger

Le centre d'art contemporain de Dreux, l'Ar[T]senal, donne carte blanche au photographe et cinéaste, Marc Garanger. Passionné des hommes et de la nature il sillonne les territoires lointains depuis son adolescence. L'exposition intitulée "Chemin Faisant" riche d'un fonds de 200 photos est à contempler jusqu'au 14 avril 2013.

Reportage : P. Franco, D. Le Pape, T. Guiet 
Le début d'une longue histoire 
Faiseur d'images et d'histoire, Marc Garanger est tombé dans la photo alors qu'il sortait à peine de l'enfance. Il acquiert son premier appareil photo un vieux Folding 6X9 de 1935 (son année de naissance)  à 15 ans puis reçoit de son père un Foca 35 mm à 17 ans. Dès lors il tombe amoureux de tout ce qu'il perçoit à travers l'objectif.

L'Algérie et la Paix
En 1960 il part en Algérie pour y effectuer son service militaire. Etant bachelier et photographe amateur, il se trouve nommé par son commandant photographe officiel du régiment. De cette période sous les drapeaux (deux ans à l'époque) il ramènera dans ses bagages des qualités qui ne le quitteront pas : tolérance, regard sur le monde bienveillant et savoir faire photographique. Dans sa valise algérienne il rapporte une série qui lui vaudra sa renommée : plus de 2000 photographies d’identité de femmes algériennes.
 « J’ai reçu leur regard à bout portant, premier témoin de leur protestation muette, violente. Je me suis juré de lancer un jour ces images à la face du monde ».
Femme Algérienne 1960, photo d’identité, commandée par l’armée francaise a la fin de la guerre d’Algérie

Femme Algérienne 1960, photo d’identité, commandée par l’armée francaise a la fin de la guerre d’Algérie

© Marc Garanger

Des hommes et des dieux
Revenu au pays, il n'a qu'une envie repartir pour rencontrer le monde et découvrir des contrées lointaines. Dès lors il ne cessera de voyager. En 1966, il reçoit le Prix Niepce qui lui permet de payer ses excursions. Louisiane, Pays de l'est, Grand Nord, territoires hostiles de la Taïga, il approche au plus près les rites orthodoxes et le chamanisme. 

Déclencher pour l'Histoire, d'hier et d'aujourd'hui
Les visages qu'il immortalise dans ses images semblent nous parler au delà du cadre. Marie-Josée Mondzain, philosophe et écrivain, dit de Marc Garanger : « Je crois qu’il est incapable de photographier sans être lui-même épris de ce qu’il regarde ». Photoreporter, portraitiste, photographe animalier... Sa photothèque est maintenant riche de plus de deux millions de photographies. Aujourd’hui il continue de sillonner le monde pour les magazines et les éditeurs.

"Marc Granger, un regard amoureux" à l'Ar[T]senal de Dreux jusqu'au 14 avril 2013