Loi Guigou : un frein à la profession de photographe, selon Filippetti

Par @Culturebox
Mis à jour le 06/12/2016 à 06H30, publié le 24/08/2012 à 17H49
La ministre de la Culture souhaite revoir la loi sur le droit à l'image des photographes

La ministre de la Culture souhaite revoir la loi sur le droit à l'image des photographes

© BERTRAND LANGLOIS / AFP

Aurélie Filippetti, ministre de la Culture et de la Communication, a estimé qu'il fallait revoir la loi Guigou sur le droit à l'image, considérant qu'elle constitue un frein à l'exercice de la profession de photographe, dans un entretien au magazine Polka.

"Je pense qu'il faut revoir cette loi. Il n'est plus acceptable et même plus supportable que des photographes professionnels, qui ont une démarche artistique, soient empêchés de pouvoir exercer leur talent, de transmettre aux générations futures leur regard sur le monde d'aujourd'hui. Sans eux, la société est sans visage. Au nom de cette loi, censée être une loi protectrice de la personne, on risque de se couper de notre mémoire", a déclaré la ministre.

La loi Guigou du 15 juin 2000 a renforcé la protection de la présomption d'innocence en incriminant la diffusion de l'image d'une personne menottée ou montrant qu'une personne est placée en détention provisoire.

Selon le fondateur et directeur de Polka, Alain Genestar, "Robert Doisneau ne pourrait plus photographier les enfants à l'école. Et Henri Cartier-Bresson aurait risqué d'être poursuivi pour ses photos prises dans les parcs et les rues de Paris".

Pour Aurélie Filippetti, "c'est d'autant plus insensé qu'en même temps, sur le Net, des millions d'images circulent, sans que l'on sache qui les a prises et dans quelles circonstances. Cette dichotomie entre l'interdiction aux professionnels et ce qui se passe sur Internet est insupportable", a-t-elle dit.

Concernant la liberté d'informer, elle a estimé qu'il appartenait à l'Etat de "garantir les conditions pour que cette liberté, pilier essentiel d'une société démocratique, puisse être réelle dans l'écrit et dans l'image".

"On a plus que jamais besoin d'avoir des photojournalistes qui travaillent dans des conditions de sécurité et de liberté", a-t-elle estimé, considérant que ces derniers "accomplissent une mission d'intérêt général, celle d'informer le public de ce qui se passe".