Les têtes et les corps des stars vus par l'ambassadeur du glamour Ali Mahdavi

Par @Culturebox
Mis à jour le 06/12/2016 à 06H30, publié le 20/05/2015 à 10H44
Stars hollywoodiennes ou top model en cire, les "Immortels" d'Ali Mahdavi s'exposent en deux lieux à Marseille 

Stars hollywoodiennes ou top model en cire, les "Immortels" d'Ali Mahdavi s'exposent en deux lieux à Marseille 

© France 3 / Culturebox / capture d'écran

Le photographe de mode Ali Mahdavi fait l’objet d’une double exposition à Marseille, organisée conjointement par la Maison Méditerranéenne des Métiers de la Mode et la galerie Gourvennec Ogor. Avec "Glamour Factory" et "Immortels", l’artiste dévoile une fascination pour la beauté des égéries hollywoodiennes et des stars de la mode.

Né à Téhéran en 1974, Ali Mahdavi est un artiste pluriel, tantôt plasticien, photographe, directeur artistique et réalisateur. Il vit et travaille à Paris. Marseille lui rend hommage avec deux expositions consacrées à son travail.

Reportage : V. Chenine / X. Schuffenecker / A. Despretz

"Immortels"

Surnommé « l’ambassadeur du glamour », Ali Mahdavi a développé sa propre esthétique mêlant la beauté cinématographique à une recherche sur les ressorts de l’inconscient et du désir de plaire. Obsédé par les questions de transformations physiques, une question lancinante hante constamment son approche esthétique : jusqu’ou peut-on aller pour modifier son apparence ?

La Galerie Gourvennec Ogor explore son approche extrémiste du corps. Une série d’autoportraits le met en scène dans des postures étranges et hybrides. Mutant avec des nourrissons qui lui poussent sur la tête ou dédoublé avec l’image d’une égérie en arrière-plan, Ali Mahdavi se joue des codes imposés et flirte avec les bistouris de chirurgie esthétique.
 
"Immortels" par Ali Mahdavi  

"Immortels" par Ali Mahdavi  

© France 3 / Culturebox / capture d'écran

"Glamour Factory"

L’exposition de la Maison Méditerranéenne des Métiers de Mode expose cette forme de glamour exubérant et névrotique qui marque ses productions. Ali Mahdavi est subjugué par la plastique des mannequins, mais son approche de la mode laisse une place entière à l’art contemporain. Les défilés et les podiums font place aux dessins, aux storyboards et à la confection de base, à savoir le tissu et le croquis. 
"Glamour Factory" par Ali Mahdavi à la maison méditerranéenne des métiers de mode de Marseille

"Glamour Factory" par Ali Mahdavi à la maison méditerranéenne des métiers de mode de Marseille

© France 3 / Culturebox / capture d'écran

La catharsis par la beauté

Alors qu’il n’a que 7 ans, Ali Mahdavi fuit le régime iranien en 1981 avec toute sa famille. Ils passent la frontière déguisés en kurdes et s’échappent vers l’Europe. Bénéficiant du programme Erasmus, Alli Mahdavi s’installe à Paris et fait ses études à l’école Boulle dans un premier temps, puis il intègre l’Ecole Duperré qui lui donne une spécialité en stylisme.

Fasciné par la beauté, le corps de l’homme et ses détournements depuis son enfance Ali Mahdavi est repéré par l’univers de la mode. Adolescent, il est atteint d’une pelade qui le laisse vierge de tout poil et modifie sa propre apparence à jamais. Complexé, il se trouve laid, anormal et monstrueux. En 1996, il est admis à l’Ecole Nationale Supérieure des Beaux-arts de Paris et pousse ses recherches sur l’anatomie. Des années de psychanalyse lui ont permis de soulager ses blessures, explique la critique et historienne de l’art Catherine Francblin. 
Ali Mahdavi 2 © France 3 / Culturebox / capture d'écran

- Ali MahdaviImmortels 16 mai – 27 juin 2015. Galerie Gourvennec Ogor
7 rue Duverger 13002 Marseille

- Ali Mahdavi – Glamour Factory 16 mai – 30 mai 2015
Maison Méditerranéenne des Métiers de la Mode.
19 rue Fauchier 13002 Marseille.