Les temps forts des 47e Rencontres d'Arles

Par @valerieoddos Journaliste, responsable de la rubrique Expositions de Culturebox
Mis à jour le 06/12/2016 à 06H30, publié le 01/07/2016 à 12H15
A droite, Alexandre Guirkinger, la Ligne Maginot : Fossé antichar dans l'ouvrage du Hackenberg à proximité de Vecking (Moselle), avec l'aimable autorisation de l'artiste -  A gauche, le Western Camargais : Joë Hamman, Jeanne de Flandreysi et Folco de Baroncelli en Indiens. Avec l'aimable autorisation du Palais du Roure

A droite, Alexandre Guirkinger, la Ligne Maginot : Fossé antichar dans l'ouvrage du Hackenberg à proximité de Vecking (Moselle), avec l'aimable autorisation de l'artiste -  A gauche, le Western Camargais : Joë Hamman, Jeanne de Flandreysi et Folco de Baroncelli en Indiens. Avec l'aimable autorisation du Palais du Roure

© Rencontres d'Arles

La 47e édition des Rencontres de la photographie d'Arles, qui ouvre ses portes lundi 4 juillet, s'organise autour de plusieurs "séquences", à dominante plutôt documentaire, avec une forte thématique "street", et aussi "après la guerre", une Afrique décalée, le western ou les monstres.

Pour la deuxième édition dirigée par Sam Stourdzé, qui a remplacé l'an dernier François Hébel, les 47e Rencontres d'Arles proposent une quarantaine d'expositions rassemblant 137 artistes à travers toute la ville.

"Les temps sont lourds, la période est difficile, nous avons voulu à  travers le programme non pas commenter, ou témoigner, l'actualité directe, mais prendre le temps de réfléchir sur le monde qui nous entoure", avait annoncé le directeur du festival Sam Stourdzé, en détaillant la programmation à l'hôtel de ville d'Arles au mois d'avril.
Don McCullin, Mare près d'une colline fortifiée datant de l'âge de bronze, Somerset1988. Avec l'aimable autorisation de l'artiste et de la Hamiltons Gallery, Londres

Don McCullin, Mare près d'une colline fortifiée datant de l'âge de bronze, Somerset1988. Avec l'aimable autorisation de l'artiste et de la Hamiltons Gallery, Londres

© Rencontres d'Arles


Don McCullin "après la guerre"

Une thématique intitulée "après la guerre" montre par exemple ce que photographie la star du reportage de guerre, le Britannique Don McCullin, quand il n'est pas au Vietnam, à Beyrouth ou au Biafra : l'exposition montre son expérience de photographe documentaire et son attrait pour le paysage, de la banlieue de Londres où il est né aux campagnes du Somerset. Yan Morvan a parcouru le monde à la recherche des lieux qui ont fait l'histoire. Alexandre Guirkinger s'est promené sur la ligne Maginot.
 
La thématique Street est dédiée à une photographie de rue revisitée avec notamment Peter Mitchell et Edmond Doyle : le premier explore une ville anglaise désindustrialisée, le second un quartier de Dublin (Irlande) à la manière d'une enquête  photographique. Une autre exposition confronte un pilier de la "street photography" Garry Winogrand et son héritier Ethan Levitas, qui a renouvelé le genre.
Peter Mitchell, M. & Mme Hudson, Leeds, 1974. "La façon dont l'échelle soutient la boutique me plaisait." Avec l'aimable autorisation de l'artiste.

Peter Mitchell, M. & Mme Hudson, Leeds, 1974. "La façon dont l'échelle soutient la boutique me plaisait." Avec l'aimable autorisation de l'artiste.

© Rencontres d'Arles

La "street" avec Garry Winogrand et Sid Grossman

Une exposition monographique est consacrée à Sid Grossman, Américain peu montré en Europe qui a travaillé sur les quartiers populaires de Chelsea et Harlem avant d'adopter une perspective plus personnelle et subjective.
 
Une séquence sur les nouvelles approches documentaires réunit des photographes qui se font détectives et livrent une enquête photographique : le Portugais João Pina revient sur l'opération Condor, menée par des dictatures sud-américaines pour éliminer ses opposants politiques dans les années 1970, l'espagnole Laia Abril entame une "histoire de la misogynie", avec un premier chapitre sur l'avortement.
Monstres, fais-moi peur : Georges Pal, Le Cirque du docteur Lao, 1964. Avec l'aimable autorisation de la MGM.

Monstres, fais-moi peur : Georges Pal, Le Cirque du docteur Lao, 1964. Avec l'aimable autorisation de la MGM.

© Rencontres d'Arles


Des Rencontres dédiées à Michel Tournier

Une section consacrée à l'Afrique raconte par exemple l'incroyable histoire des Maravillas de Mali, un orchestre monté par un groupe de Maliens partis étudier à Cuba au tout début de l'indépendance de leur pays. Au programme encore, les monstres ou les masques japonais par Charles Fréger, le western personnel en couleur de Bernard Plossu ou les premiers westerns tournés en Camargue.
Cette édition est dédiée à l'écrivain Michel Tournier, décédé en janvier, qui était un des fondateurs du festival en 1970. Elle emmènera, avec le Grand Arles express,  le public dans trois lieux d'exposition délocalisés : à la collection Lambert d'Avignon, au musée Carré d'Art à Nîmes et à la Villa Méditerranée à Marseille.
Garry Winogrand, New York, 1970

Garry Winogrand, New York, 1970

© The Estate of Garry Winogrand, courtesy Fraenkel Gallery, San Francisco © Rencontres d'Arles


La semaine d'ouverture, du 4 au 10 juillet

De nouveaux lieux arlésiens ouvrent au public pour les Rencontres : le Ground Control, une grande halle près de la gare d'Arles, et l'hôtel de Luppé, qui accueillera la Conversation photographique d'Olympus. La Nuit de l'année aura lieu, comme l'an dernier, sur le site des Papeteries Etienne, de l'autre côté du Rhône : le jeudi 7, une trentaine de propositions seront projetés sur dix écrans et une trentaine de photographes viendront coller leurs images sur les murs de la friche industrielle.
 
La semaine d'ouverture, du 4 au 10 juillet, propose projections, débats, rencontres, visites avec les commissaires ou les photographes, signatures de livres et fêtes. Mais les expositions se poursuivent tout l'été, jusqu'au 25 septembre.