Les Rencontres d’Arles craignent de manquer de place l'an prochain

Par @Culturebox
Mis à jour le 06/12/2016 à 06H30, publié le 03/07/2013 à 09H35
Le directeur des Rencontres d'Arles François Hébel, aux Ateliers SNCF. Le festival va perdre une partie du lieu l'an prochain et craint de manquer de place (juillet 2013)

Le directeur des Rencontres d'Arles François Hébel, aux Ateliers SNCF. Le festival va perdre une partie du lieu l'an prochain et craint de manquer de place (juillet 2013)

© Nice Matin / PhotoPQR / MaxPPP

Les Rencontres internationales de la photographie d’Arles, qui ont démarré lundi, craignent de manquer d’espaces d’exposition pour leur prochaine exposition et entendent alerter les pouvoirs publics et les collectivités sur cette question

"Je ne sais pas où je vais pouvoir exposer à l'été 2014 alors que je dois  préparer la programmation de l'an prochain", a déclaré François Hébel, directeur des Rencontres d'Arles.
 
Actuellement, le grand festival international de la photographie présente la moitié de ses expositions au Parc des Ateliers, constitué d'anciens bâtiments ferroviaires, qui accueillent souvent les projets créatifs les plus innovants.
 
La fondation Luma veut créer un centre d'art aux Ateliers
Mais ces terrains sont en passe d'être cédés à la Fondation Luma de Maya Hoffmann, riche mécène qui défend depuis plusieurs années le projet d'y installer un ambitieux centre d'art et de recherche dévolu à la création contemporaine.
 
Le premier projet architectural confié à Frank Gehry a été refusé en 2011 par l'Etat car trop proche d'une nécropole romaine classée. Un nouveau projet prévoit toujours une tour de 56 mètres de haut (notamment en inox et non plus en aluminium), située 200 mètres plus loin, et semble en passe d’aboutir.
 
La Fondation Luma, mécène depuis dix ans des Rencontres d'Arles, leur a proposé fin juin de rester dans la Grande Halle en 2014, mais de quitter deux autres bâtiments pour permettre à Luma de lancer les travaux et de faire une exposition, selon un porte-parole de la Fondation. Celle-ci proposerait à peu près la même chose pour 2015. Et, en 2016, les Rencontres devront acquitter "un loyer, même symbolique, ne serait-ce que pour des raisons comptables" si elles veulent  rester dans la Grande Halle, ajoute-t-il.
 
Les Rencontres perdront 9000 m2
Du coup, François Hébel s'alarme de perdre "quelque 9.000 mètres carrés  d'exposition" dès l'an prochain. "Il faut que l'on nous trouve des espaces d'exposition de caractère pour nous permettre de continuer à rayonner", dit François Hébel, mécontent de ne pas avoir obtenu de véritable réponse de la part de la rue de Valois.
 
"Les pouvoirs publics doivent prendre pleinement conscience de l'incroyable potentiel des Rencontres d'Arles, notamment en terme de notoriété internationale", dit Jean-Noël Jeanneney, le président des Rencontres.
 
De son côté, le maire d'Arles Hervé Schiavetti affirme à l'AFP que "trouver des mètres carrés n'est pas un problème". "Après c'est une question de coût pour adapter les lieux", ajoute-t-il. Une réunion associant les différentes parties doit avoir lieu dans deux semaines. L'idée est de trouver des lieux provisoires pour les prochaines éditions et de dresser la liste des lieux possibles à plus long terme, dit la  mairie.
 
Arles 2013 en noir et blanc
Les Rencontres d'Arles et Luma déclarent dans un texte commun mardi que leurs projets "ne sont pas concurrents" mais n'ont pas non plus "vocation" à se confondre.

La 44e édition du festival propose cette année 50 expositions qui font la part belle au noir et blanc. En vedette, le Chilien Sergio Larrain décédé l'an dernier et le Japonais Hiroshi Sugimoto. Des découvertes et aussi des valeurs sûres comme Jacques Henri Lartigue et l'évocation de sa première épouse Bibi.