Les photos d'Ai Weiwei au Jeu de Paume

Par @Culturebox
Mis à jour le 06/12/2016 à 06H30, publié le 20/02/2012 à 10H55
Laisser tomber une urne de la dynastie des Han, 1995

Laisser tomber une urne de la dynastie des Han, 1995

© Ai Weiwei

Depuis des mois, on suit dans les médias les tribulations d'Ai Weiwei, artiste indépendant chinois en difficulté dans son pays en raison de sa liberté de ton et de sa dénonciation de la politique officielle. On va maintenant pouvoir voir son travail, puisque le Jeu de Paume présente sa première grande exposition à Paris. Ai Weiwei est devenu un des artistes chinois les plus connus dans le monde, en raison de ses combats, qu'il intègre largement dans son travail artistique. Du 21 février au 29 avril.

Le Jeu de Paume avait relayé au printemps dernier la pétition du Guggenheim de New York réclamant la libération d’Ai Weiwei, quand il avait été arrêté le 3 avril 2011 et détenu au secret jusqu’à fin juin. L'artiste avait été intercepté alors qu’il quittait son pays pour, entre autres, préparer son exposition parisienne.

"Ai Weiwei est un artiste conceptuel engagé. C'est pourquoi le Jeu de Paume, qui présente souvent des artistes qui portent un regard critique sur la société, a jugé intéressant de l'inviter", soulignait alors Marta Gili, la directrice du musée.

Alors qu’Ai Weiwei est toujours sous étroite surveillance et interdit de sortie de Pékin, le musée parisien dédié à la photographie consacre à cet artiste multiforme une exposition centrée sur ses photos et quelques vidéos, un travail souvent très ironique.

Ai Weiwei avec la rockstar Zuoxiao Zuzhou dans l'ascenseur, placé en garde à vue par la police, Sichuan, août 2009

Ai Weiwei avec la rockstar Zuoxiao Zuzhou dans l'ascenseur, placé en garde à vue par la police, Sichuan, août 2009

© Ai Weiwei

Ai Weiwei est à la fois architecte, artiste conceptuel, sculpteur, photographe, vidéaste. Il utilise à fond tous les canaux de communication actuels comme twitter ou le blog pour s’interroger sur les conditions sociales en Chine.

Il est célèbre dans le monde pour avoir participé à la création du « nid d’oiseau », le stade olympique pour Pékin 2008 et pour avoir exposé à la Tate Modern de Londres une installation géante formée d'un tapis de graines de tournesol en porcelaine.

Né en 1957, Ai Weiwei a vécu dix ans à New York où il s’est photographié avec ses amis chinois de l’East Village et les artistes américains. Rentré en Chine en 1993, il s’intéresse aux transformations de son pays. Il travaille sur les lieux du tremblement de terre du Sichuan en 2008, dénonçant l’incurie des autorités, ce qui lui vaut un violent passage à tabac policier en 2009.

Ai Weiwei effectue aussi un travail sur les Chinois qui souhaitent se rendre à l’étranger (« Portraits de contes de fées »), ou sur son atelier de la périphérie de Shanghai, que les autorités ont fait détruire.

Largement censuré, Ai Weiwei a utilisé un blog pour diffuser son travail. Depuis sa fermeture en 2009, c’est par Twitter qu’il envoie ses photos, souvent prises au téléphone portable.

Ai Weiwei, Tremblement de terre au Sichuan 2008-2010

Ai Weiwei, Tremblement de terre au Sichuan 2008-2010

© Ai Weiwei

Son arrestation au printemps dernier était intervenue dans le contexte d'une répression majeure lancée en février par Pékin contre les dissidents et les militants des droits de l'Homme. Elle avait soulevé une vague d'indignation à travers le  monde. Après sa libération Ai Weiwei a été accusé de fraude fiscale. Il a mis en demeure par le fisc de  régler la somme de 15 millions de yuans (1,7 million d'euros). Grâce à la mobilisation en un temps record de 30.000 Chinois sympathisants, il a pu verser la garantie nécessaire pour faire appel.

Ai Weiwei : Entrelacs, Jeu de Paume, 1 place de la Concorde, 75008 Paris
tous les jours sauf lundi et jours fériés, mardi 11h-21h, du mercredi au dimanche 11h-19h
tarifs : 8,50 / 5,50 euros
du 21 février au 29 avrils 2012