Les jeunes photographes à Circulation(s), troisième édition

Par @valerieoddos Journaliste, responsable de la rubrique Expositions de Culturebox
Mis à jour le 06/12/2016 à 06H30, publié le 25/02/2013 à 14H33
Stanislas Guigui, Atras del Muro, 2002-2009. De gauche à droite : Nero Worker, Brujo Loco et La Negra

Stanislas Guigui, Atras del Muro, 2002-2009. De gauche à droite : Nero Worker, Brujo Loco et La Negra

© Stanislas Guigui

Le festival de la jeune photographie européenne Circulation(s) a ouvert ce week-end sa troisième édition à Bagatelle, dans le bois de Boulogne à Paris, avec une sélection de 43 photographes qui proposent des univers divers, de l’intime au documentaire ou à la fiction fantastique (jusqu’au 31 mars)

Au cœur du bois de Boulogne, au bout d’une allée, on franchit les grilles de Bagatelle, et on est accueilli, dès le jardin, par les images de deux photographes. Au fil des salles de la galerie Côté Seine et du Trianon de Bagatelle, on passe d’un univers à un autre. Impossible de citer tous les photographes. La plupart ont autour de la trentaine. Français, allemands, lituaniens, espagnols, belges, bulgares, ils ont souvent moins de trente ans, parfois un peu plus.
 
Le jury de Circulation(s), qui vise à faire émerger de jeunes talents, a choisi 29 de ces jeunes photographes européens parmi 800 dossiers. Plus quelques projets spéciaux, sous forme de projection, d’installation ou d’exposition.
"Clair obscur à Fukushima"

"Clair obscur à Fukushima"

© Carlos Ayesta / Guillaume Bression
 
Le « parrain » de l’édition 2013 est François Cheval, le directeur du musée Nicéphore Niépce de Chalon-sur-Saône. Il a invité quatre autres artistes, parmi lesquels on remarquera particulièrement Stan Guigui ("Atras del muro "): il expose des personnages d’El Cartucho, quartier hyper dangereux de Bogotà qui abrite l’ultime misère du monde, entre trafic de drogue et combats au couteau.
 
Le photographe y a vécu avec une bande et a voulu rendre dignité à ses compagnons (ñeros), les « réhumaniser » en les photographiant comme pour un défilé de mode : « Pendant presque une semaine, 300 clochards hirsutes et en guenilles vont passer devant mon appareil. Hommes, femmes, enfants, jeunes, vieux… Ils sentent mauvais, ils sont grossiers et bruyants, violents, désespérés et malgré tout, je les vois beaux. » Et c’est vrai, ses portraits sont forts et beaux.
"In a deeper road"

"In a deeper road"

© Olivier Brossard
 
Entre reportage et fantastique, Carlos Ayesta et Guillaume Bression ("Clair obscur à Fukushima ") ont parcouru le no man’s land autour de la centrale de Fukushima au Japon, rapportant des ambiances nocturnes de ces zones abandonnées.
 
Dans un noir et blanc flou et mystérieux, Olivier Brossard ("In a Deeper Road ") voyage de nuit, entre chien et loup, au volant d’une voiture.
"The Afronauts"

"The Afronauts"

© Cristina De Middel
 
Cristina de Middel ("The Afronauts ") a donné corps à un vieux rêve, le programme spatial lancé par la Zambie au moment de l’indépendance, en 1964, un projet fou qui devait permettre aux Africains de mettre le pied sur la lune et qui n’a jamais vu le jour. Sur un mode fantasque, elle imagine l’affaire.
 
Baptiste de Ville d’Avray ("A l’horizon, les témoins "), lui, a parcouru les côtes du Maroc, témoin des transformations du paysage sous l’influence du tourisme. On perçoit pourtant une poésie puissante dans ses images dominées par la mer.
 
Miguel Hahn et Jan-Christoph Hartung ("The Forgotten ") nous invitent chez les classes moyennes de Nairobi, loin de la misère africaine qu’on nous montre ordinairement.
A l'horizon, les témoins...

A l'horizon, les témoins...

© Baptiste de Ville d'Avray
 
Dans un registre plus intime, la photographe suisse Sarah Carp est allée à la rencontre de ses origines irlandaises, poires tombées, petite route qui serpente dans la verdure, rousseur…
 
L’Irlande de Nolwenn Brod est plus sombre. Elle y est partie sur les traces de son père qui y est disparu dans un accident.
 
Dans le cadre de Circulation(s) sont organisés des ateliers gratuits (autoportrait, éclairage portrait), des lectures de portfolios, des projections de photos proposées par d’autres festivals européens
 
Circulation(s), festival de la jeune photographie européenne, parc de Bagatelle, Paris 16e
Entrée libre, du 23 février au 31 mars