Les hyperphotos de Jean-François Rauzier magnifient Versailles

Par @Culturebox
Mis à jour le 06/12/2016 à 06H30, publié le 23/01/2012 à 20H38
Cour de marbre, 2011, Tirage photographique, 180 x 300 cm

Cour de marbre, 2011, Tirage photographique, 180 x 300 cm

© Jean-François Rauzier

Inventeur du concert de l'Hyperphoto, qui joue avec la retouche sur ordinateur et la duplication des images, le photographe Jean-François Rauzier a posé son regard onirique sur Versailles. Le résultat, spectaculaire, est visible à partir du 28 janvier au musée Lambinet de la Cité royale.

Le travail minutieux d'un "peintre virtuel"
Photographe professionnel et virtuose des technologies numériques, Jean-François Rauzier a inventé le concept d'Hyperphoto en 2002. De quoi s'agit-il ? D'une technique qui consiste à utiliser les multiples potentialités de la retouche sur ordinateur comme la duplication des images, la juxtaposition ou la torsion pour réinventer les volumes et les perspectives.

Chaque oeuvre nécessitant l'assemblage de plus d'un millier de photos de très haute définition, il s'agit aussi en amont d'un long travail d'observation, de prises de vues, de sélection et d'assemblage.

Les photos trafiquées de celui qui se définit désormais comme "peintre virtuel", transfigurent le réel (toujours reconnaissable) et plongent le spectateur dans un univers onirique à la limite du fantastique.

"J'ai un besoin de collection et je collectionne un lieu par tous ses détails pour le posséder le plus possible, par tous les angles", explique le photographe.

Palais Royal, 2011, Tirage photographique, 120 x 200 cm

Palais Royal, 2011, Tirage photographique, 120 x 200 cm

© Jean-François Rauzier

Des visions kaleidoscopiques proches du surréalisme
Après New York, Miami ou Barcelone, Jean-François Rauzier a exploré durant plus d'un an la ville de Versailles, de l'Hôtel de ville à la Salle du Jeu de paume, en passant par le Château, le Potager du Roi et la Galerie des glaces. Spectaculaire et amoureuse, sa réinterprétation du patrimoine architectural de la Cité royale s'avère très proche du surréalisme.

"Ma quête première est d'essayer d'atteindre la vision absolue. Tout voir, plus loin, plus près, plus net, plus avant, pendant, après", explique l'artiste. Le macro et le micro, la vue d'ensemble et les détails invisibles à l'oeil nu sur un même plan. Une véritable sublimation du réel qui ne laisse pas indifférent.

"Quand on est devant une image, on a du mal à savoir ce qui est faux ou vrai. C'est un peu comme un casse-tête, ça enivre un peu", s'amuse Jean-François Rauzier.

De fait, la trentaine de ses visions kaleidoscopiques exposées en grand format au musée Lambinet de Versailles ont de quoi faire tourner les têtes.

Escalier de l’Hôtel de Ville, 2011, Tirage photographique, 150 x 250 cm

Escalier de l’Hôtel de Ville, 2011, Tirage photographique, 150 x 250 cm

© Jean-François Rauzier

Pour accompagner cette exposition, la ville de Versailles a édité (chez Terramarre)  un très bel ouvrage réunissant près de cinquante oeuvres sur les grandes villes du monde photographiées par l’artiste, depuis Versailles jusqu’à Rome, Abu Dhabi ou New York.
   
"Hyperversailles" de Jean-François Rauzier
Musée Lambinet de Versailles
du 28 janvier au 1er avril 2012
54 boulevard de la Reine 78000 Versailles
Tel : +33 (0)1 39 50 30 32