Le photographe Mathias Depardon détenu en Turquie reçoit aujourd'hui la visite de sa mère

Par @Culturebox
Mis à jour le 08/06/2017 à 15H31, publié le 08/06/2017 à 15H22
Daniele Van de Lanotte, la mère du photographe, était accompagnée du secrétaire général de Reporters sans frontières, Christophe Deloire

Daniele Van de Lanotte, la mère du photographe, était accompagnée du secrétaire général de Reporters sans frontières, Christophe Deloire

© BULENT KILIC / AFP

La mère du photographe français Mathias Depardon a fait le déplacement à Gaziantep, en Turquie, pour demander la libération de son fils détenu depuis un mois dans le pays.

Danièle Van de Lanotte est arrivée mercredi 7 juin, au soir, dans cette ville de Gaziantep, située près de la frontière avec la Syrie et devait se rendre ce jeudi au centre de rétention où son fils est détenu et où il a fêté mardi son 37e anniversaire.

"Ca fait maintenant un mois, un mois de trop"

"J'ai le coeur serré. Je vais le serrer très fort contre moi", a déclaré cette élégante retraitée de 66 ans, les yeux brillants. "Le voir, c'est super, mais l'abandonner après, ça va être beaucoup plus dur", a-t-elle dit.

"J'ai ramené des biscuits, des petites terrines (...) On espère que ça ne devra être utilisé que quelques jours", a ajouté Mme Van de Lanotte, accompagnée à Gaziantep du consul-adjoint français à Ankara Christophe Hemmings et du secrétaire général de l'ONG Reporters sans frontières (RSF) Christophe Deloire.

"Ce que nous demandons très clairement aux autorités turques, c'est la libération immédiate de Mathias Depardon qui n'a rien à faire en détention", a expliqué Christophe Deloire. "Ca fait maintenant un mois, un mois de trop".

Soupconné de "propagande terroriste"

Installé en Turquie depuis cinq ans, Mathias Depardon, journaliste indépendant, a été arrêté le 8 mai à Hasankeyf (sud-est), où il réalisait un reportage pour le magazine National Geographic. 

Lui reprochant de travailler sans carte de presse, laquelle est en cours de renouvellement, les autorités ont transféré le journaliste dans un centre d'accueil de migrants à Gaziantep, où il est retenu depuis, malgré une décision d'expulsion émise le 11 mai. 

Les autorités turques soupçonnent par ailleurs le photographe d'avoir fait de la "propagande terroriste" pour avoir publié sur les réseaux sociaux des images prises il y a plusieurs années lors d'un reportage avec des militants kurdes. Mathias Depardon a observé une grève de la faim du 21 au 27 mai pour protester contre sa détention, selon RSF.