Le photographe Bulent Kilic de l'AFP distingué par Time Magazine et The Guardian

Par @Culturebox
Mis à jour le 06/12/2016 à 06H30, publié le 23/12/2014 à 13H38
Un manifestant en train de monter une barricade jette un pneu enflammé en direction de la police, à Kiev (Ukraine), le 21 février 2014.

Un manifestant en train de monter une barricade jette un pneu enflammé en direction de la police, à Kiev (Ukraine), le 21 février 2014.

© Bulent Kilic / AFP

Ils font la couverture de tous les journaux de la planète et restent pourtant inconnus. Le magazine américain Time a créé en 2010 un prix pour rendre hommage a ces hommes de l'ombre que sont les photographes d'agence. Cette année, le photographe de l'AFP Bulent Kilic vient d'être distingué pour ses photos percutantes de la frontière syrienne, d'Ukraine et de sa Turquie natale.

Le quotidien britannique The Guardian l'a également honoré du même titre une semaine plus tard comme meilleur photographe d'agence pour les mêmes raisons.

Time loue ses images "frappantes"

Bulent Kilic, 35 ans, "s'est toujours retrouvé au coeur de l'actualité", écrit Time en prenant pour exemple une photographie où l'on voit un combattant islamiste sous le feu d'une attaque aérienne dans la ville-frontière syrienne de Kobané.

"Ses images frappantes, vivantes et marquantes ont attiré l'attention des rédacteurs en chef photo de toute la planète", écrit Olivier Laurent, rédacteur en chef photo de Time Light Box.
Un jeune garçon dans les décombres d'un immeuble, à Idlib en Syrie, le 16 février 2014. Les pigeons voyageurs sont à nouveau utilisés pour communiquer par les activistes isolés en Syrie.

Un jeune garçon dans les décombres d'un immeuble, à Idlib en Syrie, le 16 février 2014. Les pigeons voyageurs sont à nouveau utilisés pour communiquer par les activistes isolés en Syrie.

© Bulent Kilic / AFP
Une année chargée

Basé à Istanbul, M. Kilic a commencé l'année en couvrant les protestations antigouvernementales en Ukraine. Dans sa tête, il n'y a aucun doute, écrit Time : son travail en Ukraine reste comme la meilleure mission qu'il ait jamais eue. "On pouvait sentir les émotions des milliers de personnes autour", raconte le photographe, qui, après avoir immortalisé les manifestants derrière les barricades, assiste à la mort de certains d'entre eux sous ses yeux. Ses photos ont fait le tour du monde.
Kiev (Ukraine), 26 février 2014 : lors d'une marche commémorative, deux femmes montrent les portraits d'hommes tués dans les manifestations.

Kiev (Ukraine), 26 février 2014 : lors d'une marche commémorative, deux femmes montrent les portraits d'hommes tués dans les manifestations.

© Bulent Kilic / AFP
Il se rend ensuite sur la catastrophe minière de Soma en Turquie en mai, au cours de laquelle 301 personnes sont mortes.

En octobre, il est en Syrie et prend au téléobjectif, du haut d'une colline à la frontière entre la Turquie et la Syrie, l'image "époustouflante" selon Time, d'un combattant du groupe Etat Islamique tout seul courant dans un nuage de poussière. Ce cliché s'est retrouvé dans la sélection des meilleures photos de l'année de nombreux médias, dont Time.
Dans un camp de réfugiés en Turquie, un jeune Kurde ayant fui les combats en Syrie. Le 19 octobre 2014.

Dans un camp de réfugiés en Turquie, un jeune Kurde ayant fui les combats en Syrie. Le 19 octobre 2014.

© Bulent Kilic / AFP
"J'apprends encore"

"J'ai choisi ce métier il y a des années mais j'apprends encore et je cherche à trouver mon style", explique Bulent Kilic avec modestie au magazine américain. "J'ai étudié Yuri Kozyrev, James Nachtwey, Josef Koudelka, Robert Capa et Larry Burrows. J'ai observé leur travail durant des années pour avoir une vision plus forte. Je ne peux pas dire que je l'ai trouvée mais ça commence à venir". 

Les précédents gagnants de l'AFP pour ce prix récompensant un photographe d'agence sont Mauricio Lima en 2010 et Marco Longari en 2012.

Voir le Diaporama des photos de Bulent Kilic chez nos collègues de Géopolis