Le photographe Antoine Giacomoni révèle sa Corse à travers le miroir

Par @Culturebox
Mis à jour le 06/03/2017 à 20H20, publié le 06/03/2017 à 17H31
"La Corse à travers le miroir" par le photographe Antoine Giacomoni à l'Espace Diamant d'Ajaccio

"La Corse à travers le miroir" par le photographe Antoine Giacomoni à l'Espace Diamant d'Ajaccio

© France 3 / Culturebox

L'Espace Diamant d'Ajaccio expose jusqu'au 22 mars 2017, 48 clichés en noir et blanc d'Antoine Giacomoni. Une série de portraits très intime pour le photographe corse qui a capté les visages des plus grandes stars internationales. De Lou Reed à Marianne Faithfull en passant par Robert Smith ou Sophie Marceau dans sa jeunesse, aujourd'hui c'est à sa Corse natale qu'il rend hommage.

C'est avec beaucoup d'émotion que le photographe Antoine Giacomoni inaugurait l'exposition de ses photos à l'Espace Diamant d'Ajaccio. Atteint aujourd'hui d'une grave maladie des yeux, une opération l'a tenu à l'écart de la lumière pendant des mois. "C'est incroyable de découvrir qu'il y a comme des anges qui travaillent pour toi et qui apprécient ton travail", dit-il le souffle court. Quarante-huit portraits en noir et blanc de personnalités célèbres ou d'anonymes réalisés uniquement sur un tirage argentique racontent sa "Corse à travers le miroir". 

Reportage : D. Leoni / T. Guespin  / F. Bernardini

De la bergerie corse à Carnaby Street 

Antoine Giacomoni a immortalisé les visages de dizaines de stars du rock. Lou Reed et Nico, Boy George, Depeche Mode ou les Cure, le photographe surfe sur le vague punk dès 1977. Après deux ans passés à la Sorbonne en fac d'arts plastiques, le photographe s'envole pour Londres où la ville s'embrase au moindre riff de guitare. Un destin incroyable pour le petit Corse élevé dans une bergerie près de Borgo.


Il fait le tour du monde mais revient toujours à sa Corse natale. Son île, sa famille et la passion des images coulent dans ses veines avec le même flux. Lorsqu'il opère un retour aux sources, c'est le même regard qu'il pose sur ses compatriotes. 
Détail de la photo "Isabelle Bettelani, 106 ans, doyenne des corses"

Détail de la photo "Isabelle Bettelani, 106 ans, doyenne des corses"

© Antoine Giacomoni

C'est la Corse qui m'a donné tout ça... Moi je ne fais que restituer les choses

Une personnalité remarquable que ses confrères saluent avec humilité. "Lui, il a inventé quelque chose... et ça, c'est tellement fort", confie le photographe Dominique Appietto 

Miroir, miroir ... dis-moi que je suis la plus belle

 De la Jamaïque aux Etats-Unis il fait rimer les images avec la musique, mais c'est en revenant en Europe dans les années 1980 qu'Antoine Giacomoni affirme son talent. Il trouve alors son accessoire qui l'accompagnera sur tous ses shooting : un miroir de loge de théâtre. 


Dès lors, de nombreuses vedettes du cinéma et de la chanson française souhaitent se faire tirer le portrait dans le miroir.
Dani, Gainsbourg, mais aussi Etienne Daho, en 1986, c'est la jeune actrice Sophie Marceau qui obtient son "Portrait dans le miroir". 



Il demande aux stars de poser devant la glace, et c'est précisément à cet instant d'introspection qu'il déclenche. Et dans les yeux du modèle, il y a toujours cette petite guirlande de lumières qui anime le regard d'une imperceptible lueur. 
"ll be your mirror reflect what you are" chantait Nico en 1966. La muse du Velvet Underground est la première invitée de ses fameuses "mirror-sessions".
Lorsqu'il revient à Paris en 1984, il est embauché par la prestigieuses agence Gamma puis, en bon Corse, retrouve son indépendance dans les années 1990. 
"Mon Père Ange Giacomoni"; 1991 - Affiche de l'exposition "La Corse dans le miroir" par Antoine Giacomoni 

"Mon Père Ange Giacomoni"; 1991 - Affiche de l'exposition "La Corse dans le miroir" par Antoine Giacomoni 

© Antoine Giacomoni

En quarante ans de pratique, son approche de la photographie et des portraits a conservé la même vérité de la lumière et des visages.
Entre les noirs intenses, les contrastes marqués et le grain qui rappelle celui de la peau, les photos de Giacomoni portent en elles cet accent qui enchante les oreilles et fleurent bon le maquis brûlant.

Je n'aime pas la nostalgie car je n'enjolive pas les choses
 

Le drapeau corse vu par Antoine Giacomoni 

Le drapeau corse vu par Antoine Giacomoni 

© Antoine Giacomoni