Le Musée d'Art Contemporain rouvre ses portes après le saccage de "Piss Christ"

Par @Culturebox
Mis à jour le 06/12/2016 à 06H30, publié le 20/04/2011 à 10H21
Le Musée d'Art Contemporain rouvre ses portes après le saccage de "Piss Christ"

Le Musée d'Art Contemporain rouvre ses portes après le saccage de "Piss Christ"

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Fouilles de sac et présence policière, des scènes inhabituelles à l'entrée d'un musée. C'était le 19 avril 2011, à l'occasion de la réouverture du Musée d'Art Contemporain d'Avignon. Il avait fermé ses portes après le saccage de deux oeuvres d'Andres Serrano (Collection Lambert), dont la désormais fameuse "Piss Christ" qui représente un crucifix plongé dans l'urine et le sang. Le directeur du musée et le personnel avaient également fait l'objet de menaces. Un climat délétère qui a fait peur au public : on ne comptait qu'une vingtaine de personnes pour cette réouverture.     

Ce cliché d'Andres Serrano s'intègre dans une exposition intitulé "Je crois aux miracles" qui se poursuit jusqu'au 8 mai 2011 au Musée d'Art Contemporain d'Avignon. Le plus étonnant dans cette histoire, c'est que cette photo date de 1987 ! Elle a d'ailleurs été récompensée par un prix du centre américain Southeastern Center of Contemporary Art et fut exposée sans provoquer la moindre réaction en 2007, durant quatre mois, en Avignon. Pourtant, Andres Serrano est connu pour son goût des sujets tabous. Elevé dans un respect très strict de la religion catholique, il a fait de ce thème et de celui du sexe, deux de ses sujets majeurs. Il ne les aborde pas de façon politiquement correcte, utilisant la nudité, les matière fécales, les pratiques hors-normes pour susciter la controverse. Ainsi, "Piss Christ" a été réalisé en 1987 au moment où les Etats-Unis étaient touchés de plein fouet par le sida. L'artiste avait repris une thématique médiévale avec ce que l'on appelait alors "les humeurs du corps", à savoir le sang, l'urine, la sueur et les larmes... Si la polémique créée autour de l'oeuvre fait parler de l'exposition organisée au Musée d'Art Contemporain, elle en occulte pourtant la diversité. "Je crois aux miracles" fête en effet les 10 ans de la Collection d'art contemporain Lambert (du nom du galeriste Yvon Lambert). A l'origine, trois cent cinquante oeuvres avaient été prêtées à la ville d'Avignon pour 20 ans. Aujourd'hui, la collection compte mille deux cent références et pourrait se transformer en donation. L'exposition "Je crois aux miracles" est donc un voyage à travers ces oeuvres qui regroupent 3 mouvements, l'Art minimal, l'Art conceptuel et le Land art.

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