Le grand Ouest américain de Robert Adams à Madrid, avant Paris

Par @Culturebox
Mis à jour le 06/12/2016 à 06H30, publié le 18/01/2013 à 16H11
Robert Adams, Pikes Peak, Colorado Springs, Colorado, 1969

Robert Adams, Pikes Peak, Colorado Springs, Colorado, 1969

© Yale University Art Gallery, aquis grace aux dons de Saundra B.Lane, Trellis Fund et Janet et Simeon Braguin

Le photographe Robert Adams, célèbre pour ses images austères de l'Ouest américain en noir et blanc, fait l’objet d’une grande rétrospective qui vient d’ouvrir à Madrid (jusqu’au 20 mai 2013). Déjà montrée à Vancouver, l'exposition voyagera ensuite dans d’autres villes européennes dont Paris, au Jeu de Paume, du 11 février au 18 mai 2014.

Autoroutes vides, immeubles isolés, souches d’arbres, lotissements : le musée Reina Sofia présente près de 300 images du photographe américain, prises entre 1964 et 2008.
 
"Je pense que c'est la plus grande exposition de son ouvre jamais organisée  en Europe", a expliqué le commissaire de l'exposition, Joshua Chuang, lors de la présentation de la rétrospective, baptisée "Robert  Adams: l'endroit où nous vivons".
 
Une nature sauvage transformée par l'homme
"Nous espérons que le travail de Robert  Adams pourra toucher le public européen", a-t-il ajouté. "Même s'il a photographié aux États-Unis des lieux  bien particuliers, des lieux qui lui sont familiers, des lieux où il se sentait chez lui, il a trouvé en eux des éléments universels."
Robert Adams, Colorado Springs, Colorado, 1968

Robert Adams, Colorado Springs, Colorado, 1968

© Yale University Art Gallery, acquis grâce aux donations de Saundra B.Lane, Trellis Fund et Janet et Simeon Braguin Fund
 
L'exposition commence avec ses premières photographies d'immeubles solitaires au Colorado et s'achève avec ses images plus récentes de souches d'arbres et d'oiseaux capturées sur la côte Pacifique, dans le nord-ouest des Etats-Unis.
 
Frappé par la transformation de vastes paysages où poussaient des lotissements, des stations services, des autoroutes ou des centres commerciaux, Robert Adams a fixé cette mutation, traquant toutefois la beauté et la lumière de ces espaces. Il a photographié les banlieues après le crépuscule, des gens vivant à l’ombre d’une centrale nucléaire ou un ancien paysage de rêve étouffé par les fumées industrielles.
 
Certains de ses clichés les plus célèbres sont exposés à Madrid, comme cette image prise en 1968 où l'on voit la silhouette d'une femme derrière la fenêtre de sa maison de la banlieue de Colorado Springs. Alors que la maison est à l'ombre, le gazon est illuminé de soleil.
Robert Adams, Ranch Northeast of Keota, Colorado, 1969

Robert Adams, Ranch Northeast of Keota, Colorado, 1969

© Yale University Art Gallery, acquis grâce aux donations de Saundra B.Lane, Terllis Fun et Janet et Simeon Braguin Fund
 
Un photographe de la beauté et du désespoir
"Cette photo transmet une sensation de beauté et de désespoir. C'est sa capacité à dépeindre à la fois la déception et l'espoir qui rend son travail emblématique", selon Joshua Chuang.
 
Présentées dans des cadres blancs, les photographies, tirées de la collection de la Yale University Art Gallery, sont petites : à peine 15 centimètres sur 15.
 
Madrid est le premier arrêt européen de la rétrospective, qui voyagera dans neuf villes en tout : après Madrid, les photos de Robert Adams iront en Allemagne, à Bottrop, à Paris (de février à mai 2014 au Jeu de Paume), à Londres et à Winterthour en Suisse.
 
Né à Orange, dans le New Jersey, en 1937, Robert  Adams  a grandi au Colorado avant de déménager à Denver à quinze ans, avec sa famille. C'est pour capturer les changements rapides qui frappaient le paysage de Denver qu'il s'est lancé dans la photographie dans  les années 1960.