La photographe Estelle Lagarde révèle les fantômes du monastère de Brou

Par @Culturebox
Mis à jour le 22/08/2017 à 15H49, publié le 22/08/2017 à 15H14
Estelle Lagarde travaille avec la surimpression d'images.

Estelle Lagarde travaille avec la surimpression d'images.

© © Estelle Lagarde, agence révélateur

L'homme passe, mais les édifices restent. Avec son exposition "De Anima Lapidum", la photographe Estelle Lagarde raconte jusqu'au 27 août, des morceaux de vie piégés dans les pierres du Monastère Royal de Brou. On y découvre une série de 30 clichés où les personnages réels se confondent avec les fantômes des lieux, entre rêverie et onirisme.

Et si les pierres du monastère royal de Brou portaient en elles les âmes de ses visiteurs ? Les photographies d'Estelle Lagarde rendent compte de tous ceux qui sont passés entre ces murs. On y voit logiquement des croyants et des moines. Mais, plus surprenant, on y voit aussi des apparitions floues, des spectres qui se mélangent avec les murs ou qui se déforment sur l'image, jusqu'à s'évanouir. Au détour d'un tableau, on voit aussi deux femmes qui contemplent un tombeau : celui de Marguerite d'Autriche. En y regardant de plus près, on s'aperçoit que les femmes représentent la Princesse de Bourgogne à deux âges différents de sa vie. Avec cette exposition, Estelle Lagarde souhaite interroger les visiteurs, les intriguer.

Reportage France 3 F. Grassaud / A. Jacques / S. Trentesaux / C. Gimenez (Des rêves en couleurs)

Profiter des défauts de l'argentique

Estelle Lagarde offre une confrontation qui se transforme en symbiose entre l'homme et l'architecture. Une façon de questionner le temps qui passe et l'espace qui nous entoure. La photographe est, d'ordinaire, une habituée des lieux voués à la destruction, que ce soit dans des usines désaffectées ou des anciens garages automobiles. Cette fois, elle a voulu "confronter l'humain, nos vies éphémères et les bâtiments qui traversent les années."
"Vade Mecum" est l'unde des photos où l'accident photographique n'était pas voulu. 

"Vade Mecum" est l'unde des photos où l'accident photographique n'était pas voulu. 

© © Estelle Lagarde, agence révélateur
Architecte de formation, ce fut, pour elle, "un choc émotionnel terrible que de découvrir ce monastère". Alors, pour valoriser ce patrimoine, elle y installe son studio photographique en 2016. Avec son appareil photo argentique, elle recherche du mouvement dans une photo fixe . Elle réquisitionne des modèles qui doivent poser et déambuler pendant huit secondes, provoquant des accidents photographiques totalement maitrisés. C'est ce qui donne ces apparitions fantomatiques dans ces clichés.

La lumière symbolise le passage d'un état à l'autre

Le travail d'Estelle Lagarde se carcatérise aussi par son rapport à la lumière. Plusieurs modèles, en plus de leur costume blanc, sont affublés de guirlandes. Ces traces lumineuses accentuent le caractère éphémère de la vie face à l'immuabilité des bâtiments. Surtout, leurs sources revêtent des significations bien différentes : naturelles, elles symbolisent l'éternité ; artificielles, elles témoignent du passage humain. 
Les humains ne sont pas seuls dans le monastère.

Les humains ne sont pas seuls dans le monastère.

© © Estelle Lagarde, agence révélateur

Estelle Lagarde ne cherchait pas à faire de jolies photos. Manqué ! Ses clichés à l'atmosphère mystérieuse sont à retrouver jusqu'au 27 août dans son exposition "De Anima Lapidum" au monastère royal de Brou à Bourg-en-Bresse.

Retrouvez les autres expositions et la biographie d'Estelle Lagarde ici