La lente agonie de l’argentique dans l’objectif de trois photographes

Par @Culturebox
Mis à jour le 18/02/2017 à 11H12, publié le 16/02/2017 à 09H48
Catherine Leutenegger a enquêté sur la lente agonie de la ville de Rochester, surnommée Kodak City,  après le déclin de l'industrie de la photographie argentique

Catherine Leutenegger a enquêté sur la lente agonie de la ville de Rochester, surnommée Kodak City,  après le déclin de l'industrie de la photographie argentique

© Culturebox / Capture d'écran

Le musée de la photographie de Mougins accueille jusqu’au 26 mai l’exposition "Argentic Agony". La vision de trois photographes, une Suisse et deux Canadiens, sur le déclin de l’argentique et ses conséquences notamment sociales. Trois regards sur la fin d’une ère photographique

L’avènement du numérique, l’agonie de l’argentique. On l’a oublié mais cette révolution dans l’histoire de la photographie ne s’est pas faite sans douleur. Pas pour les utilisateurs, amateurs ou professionnels, dont même les plus sceptiques ont finalement cédé face aux immenses possibilités qu’offrait le numérique, mais pour les millions de personnes vivant de l’argentique, des petits développeurs aux grands industriels du secteur.

Reportage : V. Varin / B. Loth / D. Roux

De Kodak City aux dernières chambres noires

Symbole de cette agonie de l’argentique, Rochester aux États-Unis, surnommée Kodak City. C’est ici qu’en 1881, George Eastman fonda la Eastman Kodak Company. À partir de là, Rochester allait devenir une ville-entreprise entièrement tournée vers la photographie. Alors évidemment, quand au début des années 2000, l’entreprise rate le virage du numérique, c’est le début d’un lent déclin et un immense bouleversement pour la population. C’est cette période qu’a suivi la photographe suisse Catherine Leutenegger.

Et comme ceux de Rochester, dans le monde entier les ouvriers assistent impuissants à la disparition de leur outil de travail. Le photographe canadien Robert Burley s’est intéressé à la désaffection et la destruction des usines de fabrication de films, signant la disparition brutale d’une industrie centenaire. Il avait d’ailleurs assisté en 2007 à l’implosion de l’usine Kodak de Chalon-sur-Saône, ultime présence de la marque en France.

Robert Burley - Film Warehouse, Agfa-Geveart, Mortsel, 2007 (détail)

Robert Burley - Film Warehouse, Agfa-Geveart, Mortsel, 2007 (détail)

© Culturebox / Capture d'écran

Enfin le Québécois Michel Campeau, lui, est parti entre 2005 et 2009 à la recherche des dernières chambres noires existantes dans le monde. Des lieux appelés à disparaître, traités comme des vestiges quasi archéologiques d’une époque qui a construit la photographie.

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