Gregory Crewdson au FRAC-Auvergne : des photos comme des scènes de films

Par @Culturebox
Mis à jour le 25/05/2017 à 18H09, publié le 25/05/2017 à 17H53
grand format de Grégory Crewdson © Culturebox

Ses photos ressemblent à des scènes de film. Extrêmement travaillées, puissantes, mais aussi tourmentées, voire angoissantes. Le photographe américain de renommée internationale Gregory Crewdson expose pour la première fois dans une institution publique française, le FRAC Auvergne. De New-York à Clermont-Ferrand, voyage dans l'univers fantastique d'un maître de l'image.

Photos mises en scène

C'est un des grands noms de la photographie contemporaine : Gregory Crewdson est une figure emblématique de la staged photography, autrement dit de la photo mise en scène, qui emprunte toutes les techniques de tournage de films. L'exposition qui lui est consacrée à Clermont-Ferrand  rassemble trois séries de photos très différentes : Fireflies, réalisée en 1996 en noir et blanc, Cathedral of the Pines, datant de 2013 en couleurs, et un ensemble d'oeuvres de la série Beneath the Roses réalisée entre 2003 et 2008.

Reportage France 3 Auvergne V. Mathieu / S. Montero / B. Ordas

Quand les photos racontent une histoire

Pour composer ses photos Gregory Crewdson travaille exactement comme un réalisateur de cinéma. Il fait des repérages, rédige un scénario, rassemble une armée de décorateurs, stylistes, et maquilleurs. Toutes ses compositions sont comme des tableaux : minutieusement éléborées où chaque détail a son importance, est immédiatement lisible. Pourtant, malgré ce luxe de détails et d'éclairages subtils, la photo reste auréolée de mystère. On imagine une histoire dont on aimerait connaitre l'avant et l'après, alors qu'en définitive il n'y a ni l'un ni l'autre.

Comme  Gregory Crewdson le dit lui-même :

Une photo n'a ni début ni fin. C'est juste un instant figé.

scène d'intérieur grégory crewdson © Culturebox


Fils d'un psychanalyste, Gregory Crewdson a peut-être hérité de son histoire familiale une certaine obsession névrotique. Les situations qu'il met en scène sont crépusculaires, elles plongent dans l'inconscient, convoquent  les peurs de l'enfance et les terreurs nocturnes.
Ajoutons à cela que Gregory Crewdson se dit très marqué par le cinéma d'Alfred Hitchcock, et on a le portrait de ce photographe hors normes favori des chefs opérateurs, dont quantité de films et de séries télévisées se sont inspirés.