Georges Rousse réinvente la tapisserie au château de la Trémolière

Par @Culturebox
Mis à jour le 06/12/2016 à 06H30, publié le 27/06/2016 à 14H02
Installation Georges Rousse au Châtea de la Trémolière d'Anglards-sur-Salers jusqu'au 30 septembre 2016

Installation Georges Rousse au Châtea de la Trémolière d'Anglards-sur-Salers jusqu'au 30 septembre 2016

© France 3 / Culturebox

L’artiste plasticien et photographe Georges Rousse a crée in situ sa nouvelle oeuvre dans le grenier du château de la Trémolière (Cantal). Visible jusqu’au 30 septembre 2016, cette installation monumentale est entièrement constituée de journaux privés de photos et fait écho à la tapisserie célébrée au château.

Dans le cadre de ses expos d'été, le Château de la Trémolière à Anglards-de-Salers (Cantal) accueille dans son grenier le plasticien Georges Rousse.
Pendant presque trois mois, l'artiste a investi les combles du château et s'est laissé envahir par la mémoire du lieu, 6 siècles de pierre et de bois. 

Entrer à l'intérieur de l'oeuvre 

Fait nouveau depuis quelques années, Georges Rousse présente l'oeuvre dans son intégrité et non plus seulement la photo finale. Le résultat exclusivement en noir et blanc, est une installation monumentale faite de coupure de journaux privés de leurs photos que le visiteur peut pénétrer.

Reportage : R. Beaune / S. Bonnetot 

C'est bien que les gens voient l'installation parce que tout de suite ils ont une autre lecture du travail et comprennent que la photo est le résultat d'une action dans l'espace

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Installation Georges Rousse au Creux de l'Enfer (Thiers) en 2014

Installation Georges Rousse au Creux de l'Enfer (Thiers) en 2014

© France 3 / Culturebox

Faire disparaître les images, faire renaître le texte

A travers cette installation photographique, Georges Rousse a voulu raconter la relation du verbe et de l’image. Il a ainsi collecté un nombre incalculable de journaux locaux et nationaux de l’année dont il a ôté les photos d'illustrations. "En les supprimant, je révèle l'abondance des images dans les journaux et ce qui pourrait apparaître comme un geste iconoclaste devient la matière de la création d’une image très graphique et qui renvoie aussi à l’histoire de l’art et au Suprématisme de Malevitch", explique le plasticien. 
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© France 3 / Culturebox

Hommage à la tapisserie d'Aubusson

Placés ainsi dans les combles du château de la Trémolière, les centaines de cadres noirs qui remplacent les photos rappellent aussi l’esthétique des cartons de tapisseries. Imprégné par la collection de tapisseries d’Aubusson, le parcours fait écho à la portée symbolique de l'iconographie du XVIe siècle et ouvre une réflexion autour de la culture médiatique contemporaine. 
Ces coupures de presse qui  recouvrent les murs comme des tapisseries modernes prolongent l'Histoire d'hier avec les mots d'aujourd'hui. 

La démarche initiale de Georges Rousse

Artiste internationalement connu, Georges Rousse investit, à travers le monde entier, des lieux abandonnés et chargés d'histoire qu’il affectionne. Pour ressentir la mémoire de l'espace, il s'y installe pendant de longs mois, le transforme en univers pictural et construit progressivement une oeuvre éphémère et unique, que seule la photographie restitue. La représentation qu’il crée dans l’espace n’est visible que du point de vue de son appareil photo.

Reportage : R. Beaune / S. Bonnetot


Une sélection d’oeuvres photographiques de grands formats ainsi qu’une série de dessins originaux est également présntée dans les autres salles du château.