Expo photo d'un Picasso intime à Madrid

Par @Culturebox
Mis à jour le 06/12/2016 à 06H30, publié le 20/06/2013 à 17H34
Picasso y Manitas de Plata, Mougins, 1968 (détail)

Picasso y Manitas de Plata, Mougins, 1968 (détail)

© Lucien Clergue

Le photographe français Lucien Clergue, dont l'objectif a saisi Pablo Picasso dans l'intimité durant 20 ans, expose à l'Institut français de Madrid jusqu'au 26 juillet dans le cadre du festival international Photoespaña. On y voit ainsi le génial peintre écouter en souriant le célébre guitariste gitan Manitas de Plata ou se relaxer dans son jardin de Mougins, couvé du regard par sa compagne.

Lucien Clergue à Madrid le 20 juin 2013.

Lucien Clergue à Madrid le 20 juin 2013.

© Dominique Faget / AFP
"Le Maître veut vous voir à 14h30"
Lors de la présentation de l'exposition de 38 clichés à la presse jeudi à Madrid, Lucien Clergue a raconté sa rencontre décisive avec Pablo Picasso et sa compagne Jacqueline, en 1953, lorsqu'il n'avait que 19 ans. "Une femme très belle m'a dit 'le maître veut vous voir à 14H30' et je me suis mis à pleurer: cela a changé ma vie".

Les deux hommes s'étaient croisés peu avant et Picasso avait voulu voir plus de ses clichés, "qui n'étaient pas extraordinaires", selon Lucien Clergue. Pourtant, le peintre est séduit. Il le laisse alors entrer dans son quotidien rythmé par les corridas et le flamenco, à Nîmes, Arles, Cannes ou Mougins.
Picasso y Manitas de Plata, Mougins, 1968

Picasso y Manitas de Plata, Mougins, 1968

© Lucien Clergue
Un Picasso souriant
Un grand portrait en noir et blanc, montrant un Picasso pensif, cigarette à la main, pris en 1956, domine une exposition où l'on voit le peintre sourire, une touche parfois espiègle dans ce regard pourtant connu pour être aussi tempétueux.

"On peut voir que c'est un homme sympathique, pas aussi dur qu'on l'a décrit", explique Lucien Clergue, qui expose pour la première fois à 78 ans dans la capitale espagnole. "Il aimait beaucoup poser", ajoute le photographe, admettant toutefois que "Picasso était très sérieux". "Je crois que c'est parce qu'il était toujours en train de penser à ce qu'il était en train de préparer, à son travail".
Picasso préside la corrida. Fréjus, 1962

Picasso préside la corrida. Fréjus, 1962

© Lucien Clergue
Une vie liée à l'Espagne et à la tauromachie
On voit aussi le peintre danser sur les airs de guitare flamenco de "Manitas de Plata" ou écouter en souriant ce célèbre guitariste gitan, et encore assis, avec ses proches, dans les arènes de Nîmes et Arles. 

"On voit ainsi sa vie, liée à l'Espagne, aux taureaux et aux gitans", commente Lucien Clergue, se souvenant d'un jour mémorable, "en 1953 ou 1954", lorsque Picasso s'était approché seul, ses amis au loin, du côté français de la frontière: "Il est resté comme ça une heure, en regardant l'Espagne, puis il est revenu. C'est la dernière fois qu'il a vu son pays."

Exposition "Picasso mon ami"
Photos de Lucien Clergue
Du 21 Juin au 26 Juillet 2013
Institut français de Madrid
La Galerie du 10 à Madrid

(C/ Marqués de la Ensenada, 10 -
Métro Colón, Alonso Martinez)