"Dieu dans la pub", une expo au goût de soufre et d’humour…

Par @Culturebox
Mis à jour le 06/12/2016 à 06H30, publié le 18/11/2014 à 17H39
Le péché de gourmandise, même les moines le commettent...

Le péché de gourmandise, même les moines le commettent...

© France 3

L’expo "Dieu et la pub" arrive à Rouen après être passée par plusieurs villes de France où plus de 50.000 personnes l’on déjà visitée. Conçue par un prêtre, elle recense la façon dont la publicité exploite l’image de Dieu et de la religion. Jusqu'au 7 décembre.

Reportage : Béatrice Rabelle, Jérôme Begue, Philippe Taddéï et Marianne Canehmez
Cette exposition aurait pu s’intituler "Dieu soit loué"!
Et si ce n’est sa propre image, c’est du moins celle de la religion que les publicitaires n’hésitent pas à détourner, toujours avec humour mais sans que celle-ci ne soit jamais très éloignée non plus du blasphème. Ce qui les rend d‘autant plus piquantes.
Une pub que l'on verra de 1975 à 1977, un record !

Une pub que l'on verra de 1975 à 1977, un record !

© France 3
"Des pâtes, oui, mais des Panzani." est sans doute la plus célèbre de ces pubs qui exploitent l’image de Dieu et de la religion. Cette pub que l’on verra à la télé de 1975 à 1997, fait d’abord référence à un classique de la mémoire collective franco-italienne : Don Camillo, prêtre italien rendu célèbre par l’interprétation de Fernandel (mise en scène Julien Duvivier) qui avait la faculté de s’entretenir en direct avec Jésus. Pour Panzani, l’acteur André Aubert sera... Don Patillo. A cette transgression du religieux dans la société de consommation vient s’ajouter la pratique du péché de gourmandise.
Tout comme les moines mobilisés pour faire vendre du camembert. Tradition, savoir-vivre authentique loin des villes et là encore gourmandise.
Le goût ambigu du péché

Le goût ambigu du péché

© France 3
Car le péché est la constante de l’utilisation de la religion par la publicité. La tentation est une constante de ce genre d’argumentaire qui s’appuie sur l’ambigüité entre désir (de transgression) et acte de consommation. Mais rassurons-nous, les péchés jamais mortels ne sont pas tout à fait véniels non plus…
Du repos pour le pape? La pub le suggère...

Du repos pour le pape? La pub le suggère...

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Détourné par la télévision israélienne, le pape à Rio de Janeiro ("besoin d’une sieste ?") commet, lui, le péché de paresse.

Un prêtre qui sait pratiquer l'auto-dérision
A l’origine de cette exposition originale, un prêtre, Gautier Mornas, jeune prêtre du diocèse de Périgueux et Sarlat. Travaillant pour un mémoire sur l’utilisation de l’image de Dieu dans la publicité, il s’est dit qu’il y avait là matière à une exposition "grand-public". Et sur plus de 400 publicités venues du monde entier qu'il a étudiées, il en a retenu 40 présentées au travers d’une exposition tournante que plus de 50.000 personnes ont déjà vue. La preuve que l'église sait aussi sourire d'elle-même et prendre (parfois) avec humour ce qui la concerne...
Une église pour une expo

Une église pour une expo

© France 3
L’exposition se tient à Rouen jusqu’au 7 décembre
Le père Gautier Mornas animera une conférence sur le sujet le jeudi 27 novembre 2014 à 20h30 au Centre diocésain (41 route de Neufchâtel à Rouen – Entrée libre). Conférence sous la forme d’un exposé suivi d’un atelier audio-visuel de lecture de publicités.
Pour approfondir ce sujet : "Dieu et la pub" de Jérôme Cottin et Rémi Walbaum (Paris-Genève. Le Cerf PBU 1997).
Le serpent symbolise depuis toujours le désir

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