Denis Dailleux photographie des culturistes égyptiens avec leurs mères

Par @Culturebox
Mis à jour le 06/12/2016 à 06H30, publié le 17/09/2014 à 10H35
L'une des photos de Denis Dailleux (détail)

L'une des photos de Denis Dailleux (détail)

© Denis Dailleux

Jusqu'au 28 septembre 2014, le photographe Denis Dailleux expose à Bouchemaine, dans le Maine-et-Loire, ses portraits de culturistes égyptiens qu'il a choisi de faire poser avec leur mère. Des photos carrées, argentiques prises juste après le printemps de ce pays. On visite l'exposition dans le cadre du festival "Tisseurs d'images".

Même si chaque photo est posée et composée, que la lumière y est consciencieusement réglée, le travail de Denis Dailleux tient de l'instantané. Non parce que la photo aurait été saisie à la volée, mais plutôt parce que la série a été réalisée pendant la courte parenthèse qui a séparé le printemps arabe et la reprise en main par l'actuel pouvoir égyptien. Un air de liberté est passé sur la société égyptienne et le photographe de l'agence VU originaire du Maine-et-Loire en a profité pour faire poser tous ces beaux bébés bodybuildés et leurs mamans. 

Reportage : T. Bercault / D. Le Mée / JM Novier / Y. Quesnel
Quand l'un joue au macho devant une silhouette presque entièrement dissimulée par le voile islamique, un autre pose sa tête sur les genoux de sa mère, comme un enfant endormi. Deux exemples, deux extrêmes qui portent peut-être en eux les paradoxes d'une société qui n'a pas encore, loin s'en faut, réglé le problème de la place de la femme par rapport à l'homme, et en effet miroir, celle de l'homme par rapport à la femme. Le regard du photographe est attentif au détail, il ne cherche pas l'effet pour l'effet et si chacune de ses images est une oeuvre en soi, c'est l'ensemble de l'exposition qui donne son sens à sa démarche. Il travaille à l'ancienne. Ses modèles posent devant un appareil argentique, un 6X6 à double objectif type Rolleiflex. Cet appareil présente la particularité d'obliger le photographe à baisser la tête pour viser, comme un geste d'humilité devant son sujet. Une position qui convient bien à ce photographe respectueux de ce, et de ceux, qu'il montre.

L'exposition de Denis Dailleux est visible à l'Abbaye de Bouchemaine dans le Maine et Loire jusqu'au 28 septembre 2014 dans le cadre du festival Tisseurs d'Images.