Laurent Van der Stockt, regards sur le drame des Syriens à la cathédrale de Bayeux

Par @Culturebox
Mis à jour le 06/12/2016 à 06H30, publié le 11/10/2014 à 17H29
Un lieu de recueillement et de tolérance pour parler du fracas et des souffrances de la guerre

Un lieu de recueillement et de tolérance pour parler du fracas et des souffrances de la guerre

© France 2 Culturebox

Des photos de guerre dans un lieu de culte. A Bayeux, on n’avait jamais vu ça. Dans le cadre de la 21e édition du Prix des correspondants de guerre à Bayeux, les photographies de Laurent Van der Stockt ont investi l’intérieur de la cathédrale et ses murs gothiques. Baptisée « 200 000 syriens », ces portraits en grand format racontent l’horreur du drame syrien. A découvrir jusqu’au 2 novembre.

C’est la première fois que les photos d’un correspondant de guerre pénètrent dans l’enceinte de la cathédrale de Bayeux. Mais dans le cadre gothique et silencieux de cet édifice, les clichés de Laurent Van der Stockt, présentés à l’échelle humaine, prennent une force incroyable.
 
Reportage : D. Wolfrom / V. Vermot-Gaud / O. Cunat / M. Violet
Lauréat à Bayeux en 2013

En 2013, pour la deuxième fois de sa carrière, Laurent Van der Stockt a été lauréat du Prix Bayeux-Calvados pour son travail autour du conflit syrien. Ce photo-reporter belge avait passé deux mois dans la clandestinité, aux côtés des rebelles de l’armée syrienne libre sur les fronts de Damas. Avec le reporter du Monde Jean-Philippe Rémy, Laurent Van der Stockt a été l’un des reporters qui a pu témoigner de l’utilisation d’armes chimiques par les forces du régime de Bachar Al-Assad. Ce travail a également été récompensé par le prix du Visa d’Or au festival Visa pour l’image de Perpignan.
Laurent Van der Stockt Photo masques à gaz © Laurent Van der Stockt
Sur tous les fronts

Né en 1964 en Belgique, Laurent Van der Stockt a couvert (notamment pour l'agence Gamma) de nombreux conflits à travers le monde, de la Roumanie de l’avant et après Ceaucescu à l’Ex-Yougoslavie, l’Afghanistan, de la Tchétchénie à la Guerre du Golfe, en passant par l’Afrique et par le Moyen-Orient. Plusieurs fois blessé lors de ces reportages, il avoue pourtant qu’en vingt ans de métier, il n’a jamais rencontré une violence équivalente à celle qui sévit en Syrie
Tchétchénie, décembre 1999 - Combattants téchétchènes en chemin pour Grozny

Tchétchénie, décembre 1999 - Combattants téchétchènes en chemin pour Grozny

© Laurent Van der Stockt / Gamma
Raconté le fracas du monde

Créé en 1994 par la Ville de Bayeux, le Prix Bayeux-Calvados récompense des reportages qui évoquent la guerre, ses conséquences pour les civils, mais aussi des faits d'actualité liés à la défense des libertés ou de la démocratie. Dix prix sont remis chaque année. Pour l’édition 2014, 55  reportages ont été présélectionnés. Comme l’an dernier, la plupart évoquent la situation syrienne, mais aussi la Centrafrique, l’Ukraine, le Nigeria ou encore l’Afghanistan, au Kenya, au Sud Soudan.

C’est le grand reporter et écrivain américain Jonathan Randal, spécialiste du Moyen-Orient qui préside le jury 2014 dont on connaîtra le palmarès le 11 octobre au soir.
Affiche Prix Bayeux Calvados © DR
"200 000 syriens" photographies de de Laurent Van der Stockt à la Cathédrale de Bayeux, rue du Bienvenu - Ouvert tous les jours jusqu’au 2 novembre, de 8h30 à 22h - Entrée libre.