Arles 2015 : Martin Gusinde, Omar Victor Diop, le regard sur l’autre…

Par @Culturebox
Mis à jour le 06/12/2016 à 06H30, publié le 11/08/2015 à 09H23
Arles, "Regard sur l'Autre"

Arles, "Regard sur l'Autre"

© France O

Parmi les 35 expositions des rencontres d’Arles, l’un des principaux rendez-vous annuels consacrés à la photo, Culturebox s'attarde sur les Indiens de la Terre de Feu et la diaspora noire à travers ces figures méconnues. Deux expositions très différentes mais originales par le regard du photographe, l’Allemand Martin Gusinde dans le premier cas, le Sénégalais Omar Victor Diop dans le second.

Reportage : Christian Tortel, Jean-Pierre Magnaudet, Raël Moine, Harold Horoks et Bruno Haetjens

"Photographier, c’est une attitude, une façon d’être, une manière de vivre" confiait Henri Cartier-Bresson à Pierre Assouline en 1994, une attitude voire un engagement qui convient tout autant à Martin Gusinde qu’à Omar Victor Diop, bien que ces deux photographes n’aient pas vécu ni à la même époque ni sous les mêmes latitudes. Martin Gusinde a documenté des peuples aujourd’hui disparus et Omar Victor Diop a donné son corps pour une histoire…

Des photos comme seuls témoignages d’une culture disparue
Photos de Martin Gusinde

Photos de Martin Gusinde

© France O
Martin Gusinde était un missionnaire qui a fait un travail d’anthropologue auprès d’Indiens aujourd’hui disparus. Son travail, fruit de quatre voyages, est particulièrement émouvant. Il révèle comme à fleur de peau toute la profondeur d’une culture, à travers ses rites. D’autant que le dernier représentant du peuple Selknam de la Terre de Feu, Virginia Choinquitel qui vivait en banlieue de Buenos Aires (capitale de l’Argentine) est décédée en 1999.

Chant Yamana lors de la cérémonie d’initiation Ciéxaus (1923) Collection Ethnologisches Museum, Berlin

Un regard pop au secours de l’Histoire
Photo Omar Victor Diop

Photo Omar Victor Diop

© France O
Quant à Omar Victor Diop, c’est un jeune photographe sénégalais, représenté par la galerie Magnin-A, dont le travail particulièrement créatif est constitué d'autoportraits en série inspirés des trajectoires de personnalités méconnues de la diaspora noire, qui ont réussi à se libérer de l’esclavage (Olaudah Equiano, Frederick Douglass, Pedro Camejo). Sa mise en image, que l’on a découverte lors de Paris-Photo au Grand Palais en novembre 2014, sait allier une pose classique et un regard pop à travers des accessoires universels, ceux du football.