Une passionnante exposition dévoile les secrets des tableaux découpés

Par @Culturebox
Mis à jour le 06/12/2016 à 06H30, publié le 15/05/2014 à 17H18
Le " Chevalet de mine en Lorraine " de Maurice Réalier-Dumas : à gauche, la partie exposée avec les mineurs ;  à droite, la partie tronquée avec les soldats

Le " Chevalet de mine en Lorraine " de Maurice Réalier-Dumas : à gauche, la partie exposée avec les mineurs ;  à droite, la partie tronquée avec les soldats

© Musée de Gajac

Rembrandt, Delacroix, Monet. Ces trois illustres peintres ont en commun d’avoir vu certaines de leurs toiles découpées. Une pratique qui n’est pas rare. La preuve au musée de Gajac à Villeneuve-sur-Lot où deux amateurs d’art ont découvert trois tableaux victimes d’un découpage. Censure ou usure du temps, les causes sont multiples mais parfois le mystère reste entier.

Reportage :  B-P. Morin / J-M. Daguenet / C. Lagaüzère
Au musée de Gajac à Villeuve-sur-Lot, ce sont donc trois toiles qui sont  concernées par ce découpage. Deux sont signées de Maurice Réalier-Dumas : " La rêverie " et " Chevalet de mine en Lorraine ". La troisième est une œuvre d’Antoine Coypel, « Jésus au Temple » tableau initialement réalisé pour décorer le chœur de Notre-Dame de-Paris. 

Ravages du temps ou nécessité économique
Se pose alors la question : parmi les toiles célèbres que nous pensons connaître, certaines ont-elles été découpées ? Et bien oui. C’est le cas d’un tableau de Rembrandt « La conspiration de Claudius Civilis ». Peint en 1661, il aurait été découpé en plusieurs morceaux par le peintre lui-même, afin de les revendre pour trouver de l’argent. Il s’y serait résolu d’autant plus facilement que l’œuvre ne correspondait pas aux canons de l’époque.
« La conspiration de Claudius Civilis » de Rembrandt (1661-1662)

« La conspiration de Claudius Civilis » de Rembrandt (1661-1662)

© The Royal Academy of Fine Arts, Sweden
Pour d’autres raisons, « Le déjeuner sur l’herbe » de Claude Monet fut lui aussi découpé en trois parties distinctes. Cette toile, réalisée en 1865, s’inspire directement du célèbre « Déjeuner sur l’herbe » d’Edouard Manet. De taille monumentale (plus de quatre mètre sur six), elle n’a jamais été montrée au public du vivant de l’artiste. Monet, ne pouvant payer son loyer, l’avait donné en gage à son propriétaire. Ce dernier a roulé la toile dans sa cave et quand Monet vint la retirer en 1884, elle avait moisi. L’artiste décida de la découper, n’en conservant que trois fragments. Deux sont exposés au Musée d’Orsay, le troisième a disparu.
 
Les deux parties du "Déjeuner sur l'herbe " de Monet exposées au musée d'Orsay à Paris 

Les deux parties du "Déjeuner sur l'herbe " de Monet exposées au musée d'Orsay à Paris 

© Tous droits réservés par WVJazzman
Moins mystérieux et rocambolesque, le sort de " La chasse aux lions ", d’Eugène Delacroix. Exposé à l’Hôtel de ville de Bordeaux, le tableau est endommagé lors d’un incendie qui éclate le 7 décembre 1870, détruisant la partie supérieure de la toile. Un dessin préparatoire, exposé au musée de Bordeaux, permet d’imaginer l’œuvre complète.
«€La Chasse aux lions€» de Delacroix, vers 1854, huile sur toile, €86€×€115€cm

«€La Chasse aux lions€» de Delacroix, vers 1854, huile sur toile, €86€×€115€cm

© PHOTO MUSÉE DES BEAUX-ARTS, MAIRIE DE BORDEAUX/L.GAUTHIER

Exposition au Musée de Gajac
2 rue des Jardins
47300 Villeneuve-sur-Lot
Tél : 05 53 40 48 00

Horaires :
- du lundi au vendredi de 10h à12h et de 14h à 18h
- le samedi et le dimanche de 14h à 18h
- Fermé les jours fériés